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ZIMBABWE

Le Zimbabwe tarde à ouvrir les négociations

3 min

Le gouvernement et l'opposition au Zimbabwe se retrouvent en Afrique du Sud pour négocier point par point, après le premier accord passé lundi, mais les pourparlers ne démarrent toujours pas.

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Des négociateurs du pouvoir et de l'opposition zimbabwéens devaient entamer mardi en Afrique du Sud des pourparlers sur une formule de partage du pouvoir dans leur pays, auxquels les engage un protocole d'accord signé lundi à Harare.

"Ils vont commencer plus tard cet après-midi en un lieu tenu secret", a indiqué à l'AFP Mukoni Ratshitanga, porte-parole du président sud-africain Thabo Mbeki, mandaté par l'Afrique australe pour faciliter le dialogue au Zimbabwe.

Les pourparlers devaient avoir lieu dans ou près de la capitale Pretoria, "mais loin du centre-ville et des médias", a déclaré le porte-parole d'une faction de l'opposition zimbabwéenne.

Lundi, à Harare, le président Robert Mugabe, réélu lors d'un scrutin contesté fin juin, et le chef de l'opposition Morgan Tsvangirai ont signé un protocole d'accord fixant le cadre des négociations, prévues pour durer deux semaines.

La poignée de mains échangée entre les deux hommes, qui ne s'était jamais rencontrés en public depuis dix ans, a été saluée comme un pas significatif en vue d'un règlement négocié au Zimbabwe, paralysé depuis la reconduction de Robert Mugabe.

"Le protocole d'accord représente la chance la plus concrète des dix dernières années d'améliorer la vie de nos concitoyens, mais nos signatures seules ne suffisent pas à garantir" le succès des pourparlers, a relativisé dès mardi Morgan Tsvangirai.

Le chef du Mouvement démocratique (MDC) a de nouveau réclamé la "restauration de l'Etat de droit" et l'arrêt des violences contre ses partisans pour "que les négociations puissent aboutir".

Arrivé en tête au premier tour de la présidentielle, le 29 mars, il s'était retiré de la course en raison de ces attaques. Le régime avait maintenu le 2e tour, remporté par l'unique candidat Robert Mugabe sur fond d'intimidation et de menaces.

Ces exactions ont justifié mardi un renforcement des sanctions de l'Union européenne (UE) qui avait adopté des mesures contre les proches de Mugabe après sa réélection déjà controversée en 2002.

L'UE a estimé qu'il fallait maintenir la pression sur le régime, et que la signature d'un accord-cadre sur les négociations n'était que "l'étape numéro un" avant une résolution de la crise.

"C'est mieux que rien, on espère maintenant que Tsvangirai sera le Premier ministre", a déclaré le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner, dont le pays assure la présidence tournante de l'UE.

Le rôle futur dévolu à M. Tsvangirai et à M. Mugabe sera l'un des écueils majeurs des pourparlers, pour lesquels les négociateurs des deux camps arrivaient mardi en ordre dispersé en Afrique du Sud.

L'Union nationale africaine du Zimbabwe - Front patriotique (Zanu-PF, au pouvoir) a dépêché son principal négociateur, le ministre de la Justice Patrick Chinamasa, tandis que le MDC sera notamment représenté par son secrétaire général, Tendai Biti.

Les pourparlers devraient être menés par une équipe de proches du président Thabo Mbeki.

Souvent critiqué pour son apparent manque de fermeté envers son voisin, le président sud-africain et sa "diplomatie discrète" semblaient tenir un début de revanche, même si son crédit reste suspendu au succès des pourparlers.

Mais dès mardi, la presse sud-africaine espérait une "nouvelle ère" au Zimbabwe voisin, synonyme depuis des années pour les Sud-Africains de risques et d'instabilité, entre tensions politiques et immigration économique massive.

Car la quête d'un règlement négocié se fait sous l'urgence économique. Le Zimbabwe, autrefois considéré comme le grenier à céréales de la région, connaît aujourd'hui un record mondial d'inflation à plus de 2,2 millions de pour cent, un effondrement de sa production et 80% de chômage.

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