Accéder au contenu principal
ETATS-UNIS - EUROPE

Obama "superstar" à Berlin, Paris et Londres

4 min

Barack Obama effectue son premier voyage à l’étranger comme candidat démocrate la Maison Blanche. Le sénateur de l’Illinois sera notamment à Berlin, Paris et Londres, où l’"Obamania" va bon train. Mais est-ce bon pour lui ?

Publicité

Lisez notre dossier : "Course à la Maison Blanche"

 

 

Dans ce genre de voyage, c’est la photo qui compte. Barack Obama a même voulu, pour son grand discours à Berlin sur les relations transatlantiques, poser sous la porte de Brandebourg. Là même où John Fitzgerald Kennedy avait adressé le 26 juin 1963 un message de réconciliation aux Berlinois, scindés par un Mur entre Est et Ouest. Son tonitruant "Ich bin ein Berliner" avait scellé un pacte d’amitié entre l’Allemagne et le jeune président américain. Mais les conseillers d’Obama ont jugé que le cadre était de trop.

 

Plus qu’une simple visite de courtoisie à Berlin, Paris et Londres, le premier voyage du candidat démocrate à l’étranger depuis qu’il se lance dans la course à la Maison Blanche risque de chauffer les esprits. Côté américain, Obama est attendu sur sa capacité à endosser la stature de chef de la plus grande puissance mondiale. A nouer de bonnes relations avec ceux qui comptent sur la scène internationale. Sans trop en faire. Et les républicains sont attentifs au moindre faux pas de leur adversaire.

 

Côté européen, l’"Obamania" trouble la classe politique, toutes tendances confondues. Des comités de soutien ont poussé sur Internet comme des champignons. Et selon les prédictions de l’éditorialiste américain Marc Ambinder, la presse européenne pourrait perdre son sens critique et devenir ga-ga. 

 
 
Trop pro-européen ?
 

"Je dois rappeler que les Français n’élisent pas le président des Etats-Unis !", claironne malicieusement George Yates, le président des "Republicans abroad" en France et en Europe, interrogé par FRANCE 24. A en croire les sondages, si les Européens devaient élire le président des Etats-Unis, Obama serait certain, à ce jour, de l'emporter. Selon l'un de ces sondages, publié le 14 juillet par l'institut de sondage britannique ICM pour le quotidien "The Guardian", 53 % des Britanniques ont le sentiment qu’Obama ferait un bon président. Seuls 11 % émettent cet avis concernant John McCain. 36 % n’expriment pas d’opinion.

 

Mais la fascination européenne pour Obama n’est pas du pain béni pour le candidat démocrate. Ses conseillers ont même tout intérêt à étouffer de trop grandes manifestations d’enthousiasme et à éviter le syndrome John Kerry. Ce dernier, si populaire en Europe lors de l'élection présidentiell de 2004, avait essuyé un revers face à George Bush. "Obama marche sur des œufs", estime le britannique Michael Cox, chercheur à l’institut britannique Chatham House, interrogé par FRANCE 24. "Certes, l’Europe est toujours le premier partenaire économique et stratégique des Etats-Unis. Mais pour être aimé des Américains, un candidat à la Maison Blanche ne doit pas avoir l’air d’écouter les conseils des Européens. Les Américains ne sont pas très ouverts à ce que pense l’étranger."

 

Ce conseil n’émeut apparemment pas le sénateur de l’Illinois. Lorsque la chaîne de télévision CNN lui demande, le 13 juillet, si sa popularité en Europe ne va pas exciter la méfiance contre lui, Obama répond : "Je pense que les gens comprennent qu'il y a eu une conséquence à la mauvaise image qu'ont eue les Etats-Unis ces dernières années."

 
 
Capter un peu de l’"aura d'Obama"
 

Les deux principaux objectifs de Barack Obama, infléchir le vote des Américains et convaincre les délégués récalcitrants, ont peu de chance d’être atteints, estime Michael Cox. Sa présence pourrait plus certainement redistribuer les cartes politiques en Europe. "C’est tout aussi important pour Barack Obama de faire bonne figure aux côtés des alliés européens et de donner une image crédible d’acteur international, que pour les Européens de poser aux côtés du candidat démocrate", analyse le chercheur britannique. "Brown, Sarkozy et Merkel ont fait le calcul : Obama a de très fortes chances d’être élu à la fin de l’année. Sa popularité est tellement criante que ces dirigeants, qui sont dans le creux de la vague, aimeraient capter un peu de cette aura-là !"

 

Cependant, met en garde Josef Joffe, dans un éditorial de l'hebdomadaire allemand "Die Zeit" le 6 juin dernier, "l'idéalisme d'Obama constitue une jolie toile de fond sur laquelle les Européens aiment se projeter". Autrement dit, seuls les Européens sont dupes à propos de cette visite. Et à en croire le républicain Georges Yates, les Européens ont tort de croire qu’Obama est l’opposé de George Bush. "La politique étrangère ne changera pas fondamentalement en fonction de la couleur politique du président élu. Et beaucoup d’Européens seront déçus par Barack Obama", prédit-il. "Obama se range peu à peu à l’évidence. D’ici la fin de la campagne, il sera peut-être plus protectionniste et favorable à la guerre en Irak que McCain !" A voir...

 
 

 

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.