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L'UE confirme la suspension des aides à la Bulgarie

La Commission européenne gèle de manière "formelle" les fonds à destination de la Bulgarie, après le manque de résultats dans la lutte contre la corruption. Son entrée en zone euro n'est pas retardée. La Roumanie échappe elle aux sanctions.

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Tempête dans le ciel de Sofia. La Commission européenne a critiqué, mercredi, le manque de résultats dans la lutte contre la corruption en Bulgarie et a confirmé le gel de quelque 800 millions d'euros de fonds européens destinés à ce pays. Deux agences chargées du versement de ces aides sont épinglées. Ces fonds étaient jusqu'ici suspendus "de manière provisoire", en attendant de voir si des progrès étaient réalisés, ils le sont à présent de manière "formelle". Le premier gel d'argent européen remonte à janvier à la suite des révélations sur le chef de l'agence gouvernementale chargée de l'infrastructure routière, Vesselin Gueorguiev, qui avait passé des commandes des centaines de millions d'euros partant dans les poches de l'entreprise de son propre frère !

 

La Bulgarie a montré "trop peu de résultats démontrant que le système fonctionne" concernant la lutte contre le crime organisé et la corruption, a dit le porte-parole, soulignant que "trop d'affaires restent impunies" et qu'"il n'y a pas assez de progrès concernant le gel des fonds provenant du crime organisé". Dans le cadre de leur adhésion en 2007, la Roumanie et la Bulgarie ont accepté des "mesures de sauvegarde", qui peuvent être invoquées pendant trois ans. Une surveillance stricte de la Commission dans plusieurs domaines : gestion des fonds européens, système judiciaire, sécurité alimentaire et sécurité aérienne.


Face aux "fuites" sur le contenu du rapport, les pressions se sont multipliées par Belgrade sur la Commission… sans infléchir Bruxelles… Résultat, des sanctions financières pour la Bulgarie, mais pas la Roumanie : le décrochage entre les deux pays désigne clairement la Bulgarie comme le plus mauvais élève de la classe européenne.

 

Paradoxalement, c’est le pays le plus pauvre de l’UE, mais sa population ne condamne pas l’attitude de Bruxelles.

 

Frustrés par la corruption qui envenime leur vie quotidienne et aggrave la pauvreté, de nombreux Bulgares se félicitent de ces sanctions. Près de 40 % des Bulgares se déclarent favorables à une pression de l'UE assortie de sanctions financières, selon un sondage récent de l'institut Alpha Research. Quelque 73 % des Bulgares se méfient de leur gouvernement et même 79 % de leur Parlement, alors que 51 % font confiance à la Commission européenne. Si une grande partie des Bulgares approuvent le gel des fonds européens, les victimes directes, des agriculteurs qui comptaient sur le programme Sapard pour rembourser un crédit d'investissement, risquent la faillite.

 

En interne, cela met en difficulté le Premier ministre socialiste Serguei Stanichev, qui risque d’essuyer une motion de censure de la droite au Parlement dans les jours à venir. Pourtant, le 13 mai, M. Stanishev a donné le feu vert à sa nouvelle adjointe, Meglena Plugchieva, pour renvoyer tout fonctionnaire qu’elle considèrerait incompétent. Il a également déclaré que l’administration et le gouvernement travailleraient jours et nuits, même les week-ends, pour répondre aux exigences de Bruxelles. Mais cela ne concernait pas les ministres ! Et son programme a été jugé trop timoré et trop lent ! Par une décision forte de Bruxelles, Sofia entre en zone d’instabilité politique.

 

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