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Les Etats-Unis en passe d'adopter un plan pour sauver l'immobilier

La Chambre américaine des représentants a adopté un plan massif de soutien au marché immobilier résidentiel, qui traverse sa pire crise depuis la Grande dépression des années 30. Il doit encore être soumis au Sénat et à George W. Bush.

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Lisez l'analyse de Baptiste Fallevoz "Washington au secours de ses maisons"

 

 

Les Etats-Unis sont en passe d'adopter un ambitieux plan de sauvetage de l'immobilier aux Etats-Unis, volant au secours à la fois des emprunteurs et des organismes de refinancement hypothécaires qui se sont retrouvés dans la tourmente ces dernières semaines.

Ce plan, présenté par la presse américaine comme le plus ambitieux en une génération, a été adopté mercredi par la Chambre des Représentants par 272 voix contre 152. Il doit maintenant être soumis au vote du Sénat, sans doute d'ici la fin de la semaine, puis au président George W. Bush pour signature.

L'un des obstacles majeurs à son adoption est tombé mercredi matin après que la Maison Blanche eut abandonné une menace de veto, qui aurait bloqué in fine l'entrée en vigueur du texte.

"Nous pensons que ce n'est pas le moment de s'éterniser dans une bataille autour d'un veto, même si nous sommes sûrs que le président réussirait à l'imposer", a affirmé la porte-parole de la Maison Blanche, Dana Perino.

La Maison Blanche s'opposait à une disposition accordant près de 4 milliards de dollars aux collectivités locales pour racheter des logements saisis, y voyant un cadeau fait aux banques et courtiers hypothécaires.

Le plan de sauvetage, provoqué par la plus grave crise de l'immobilier depuis la Grande Dépression de 1929, a été conçu à la base pour aider les emprunteurs étranglés par leurs mensualités, en relevant notamment le plafond des prêts qui peuvent obtenir une garantie publique.

Cela reviendrait à permettre une garantie de l'Etat sur près de 300 milliards de dollars d'emprunts immobiliers, et apporterait une bouffée d'air aux emprunteurs alors que les taux des emprunts fixes sur 30 ans ont retrouvé leurs niveaux les plus élevés en un an.

L'idée est aussi de débloquer le grippage du secteur immobilier qui voit la demande diminuer, le nombre de ventes plonger et les prix décliner inexorablement. Selon les derniers chiffres du bureau de surveillance fédéral de l'immobilier américain (OFHEO) publiés mardi, les prix des logements ont baissé de 0,3% en mai sur un mois et de 4,8% sur un an.

Mais le texte prévoit aussi un volet sur Fannie Mae et Freddie Mac, les deux géants du refinancement hypothécaire qui ont frôlé l'implosion au début du mois.

D'une part, tous deux seraient placés sous l'autorité d'un nouvel organisme de contrôle, aux pouvoirs renforcés. D'autre part, le Congrès est invité à donner son feu vert au plan de sauvetage mis sur pied par le Trésor il y a une dizaine de jours pour empêcher un naufrage des deux organismes, qui venaient de perdre 50% en Bourse en l'espace d'une semaine.

Le plan leur permettrait d'accéder à plus de capitaux publics, en autorisant le Trésor jusqu'à la fin 2009 à acheter des actions des deux organismes ou à leur prêter plus d'argent.

Ce point a initialement suscité la méfiance en raison de la difficulté à savoir combien il coûterait au contribuable. Mardi, le bureau du budget du Congrès (CBO) a avancé le chiffre de 25 milliards de dollars sur deux ans, tout en soulignant qu'il y avait de fortes chances que le Trésor n'ait pas besoin de recourir du tout à ce nouveau dispositif.

Mercredi, le secrétaire au Trésor Henry Paulson s'est félicité de l'adoption du projet, en notant que le volet sur Fannie Mae et Freddie Mac allait permettre de "redonner confiance aux marchés" et "de créer un régulateur fort et indépendant, capable de corriger les riques que posent ces entreprises".

Ces nouvelles dispositions sur Fannie Mae et Freddie Mac sont beaucoup plus importantes --"de plusieurs ordres de magnitude", selon lui-- pour stabiliser le marché immobilier que les mesures introduite par les Démocrates.

Fannie Mae et Freddie Mac détiennent ou garantissent 5.200 milliards de dollars de créances hypothécaires, soit près de 50% de l'encours de crédit immobilier américain.

M. Paulson a indiqué espérer que le texte puisse être signé cette semaine encore par le président George W. Bush.

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