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Négociations prolongées à l'OMC

Les principales puissances commerciales ont prolongé jusqu'à mercredi les discussions portant sur la libéralisation des échanges. Si les négociateurs reconnaissent "voir le bout du tunnel", des divisions persistent.

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Lisez notre article d'analyse : "Semaine de la dernière chance pour Doha"

 

 

 

Les principales puissances commerciales tentaient samedi de convaincre les 153 Etats membres de l'OMC d'approuver l'ébauche d'accord préparé par le patron de l'institution Pascal Lamy, alors que les tensions s'accroissaient au sein des pays en développement.

Pascal Lamy a soumis vendredi aux sept principales puissances commerciales (Etats-Unis, UE, Brésil, Inde, Chine, Australie et Japon) une série de chiffres sur les deux chapitres-clés du cycle de Doha pour la libéralisation des échanges: l'agriculture et les produits industriels.

Pour la première fois en sept années d'âpres discussions, les négociateurs ont reconnu "qu'on voit le bout du tunnel", selon l'un d'entre eux.

Le projet Lamy "a le potentiel d'offrir quelque chose proche de l'équilibre entre l'agriculture et les produits industriels et entre les pays développés et les pays en développement", a déclaré samedi le commissaire européen au Commerce Peter Mandelson.

Il s'est en outre dit "satisfait du soutien reçu" de la part des Etats membres de l'UE.

Dans le petit cénacle des sept grands, seule l'Inde a fait entendre une voix discordante, New Delhi cherchant à la fois à protéger ses centaines de millions de petits paysans et ses industries naissantes de trop fortes baisses des droits de douane.

La négociatrice américaine, Susan Schwab, a ainsi accusé "une poignée" de grands pays émergents de "menacer vraiment ce cycle de négociation".

Le Brésil, fer de lance des pays émergents, s'est déclaré "le premier pays à avoir accepté le texte de Pascal Lamy", selon le ministre brésilien Celso Amorim.

Les positions divergentes du Brésil et de l'Inde divisent désormais les pays en développement.

Lors d'une réunion des 153 Etats membres de l'OMC, ces divisions se sont affichées au grand jour.

Selon le porte-parole de l'OMC, Keith Rockwell, "beaucoup de pays ont exprimé leurs préoccupations à propos du mécanisme de sauvegarde", une protection tarifaire souhaitée par des pays en développement en cas de flambée des importations d'un ou plusieurs produits agricoles.

Le projet de M. Lamy stipule qu'un pays puisse augmenter ses droits de douane jusqu'à 15% au-dessus de ses niveaux actuels si la flambée d'importations dépasse 40%.

L'Inde, l'Indonésie, la Turquie, les Philippines et des représentants du groupe africain jugent que ce seuil de 40% est trop élevé et les empêchera de déclencher le mécanisme de sauvegarde.

A l'inverse, des exportateurs comme le Paraguay, l'Uruguay, le Costa Rica et le Chili ont indiqué qu'ils souhaitaient une utilisation la plus restrictive possible de ce mécanisme de protection.

Pour le négociateur argentin à l'OMC Alfredo Chiaradia, en soutenant le texte de Pascal Lamy, le Brésil "a créé une tension" parmi les membres du Mercosur, l'union douanière d'Amérique latine (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay).

"En agriculture (les propositions de Lamy) sont insuffisantes et dans les produits industriels, elles sont trop élevées", a relevé Alfredo Chiaradia.

Sur le chapitre des produits industriels, les pays émergents s'opposent également à une trop grande ouverture de leurs marchés à la concurrence des pays développés.

L'Argentine et l'Afrique du Sud sont à la tête de ce mouvement de refus. "Nous ne sommes pas en mesure d'approuver l'accord actuellement", a indiqué le ministre sud Africain du Commerce Rob Davies.
  

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