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Une guerre des mots s'empare de l'OMC

Après un week-end tout entier consacré à essayer de rapprocher les positions de chacun, les négociateurs s'opposent de nouveau. Les Etats-Unis accusent la Chine et l'Inde de faire obstruction, la France refuse l'accord proposé.

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Lisez notre article d'analyse : "Semaine de la dernière chance pour Doha"

 
 

La tension est montée d'un cran à l'OMC, les Etats-Unis, l'Inde et la Chine s'accusant mutuellement d'empêcher un accord et la France refusant de signer l’accord proposé au huitième jour de discussions acharnées sur la libéralisation des échanges mondiaux.

 

"Le problème principal est de garder son sang-froid", a déclaré lundi à Genève le ministre brésilien du Commerce Celso Amorim à l'ouverture d'une nouvelle réunion du cénacle des sept grandes puissances commerciales (Etats-Unis, UE, Brésil, Inde, Australie, Japon et Chine).

 

Mais depuis Paris, la France a affirmé qu'elle ne signerait pas le projet d'accord actuel. Selon une source diplomatique citée par l’AFP, le président français Nicolas Sarkozy, qui assure la présidence tournante de l’Union européenne, a appelé ce week-end le président de la Commission européenne José Manuel Barroso pour se plaindre de l'ébauche d'accord à l’OMC. Il aurait demandé à ce que le négociateur européen Peter Mandelson vienne à Paris rapporter l'état des discussions en cours à Genève, mais celui-ci a refusé.

 

Le projet d’accord "pas acceptable" selon la France

 

"Le projet actuellement sur la table n'est pas acceptable en l'état dans la mesure où il ne comporte aucune avancée sur des éléments tout à fait essentiels à nos yeux", annoncé le porte-parole du gouvernement français Luc Chatel après le conseil des ministres. Il a cité "la protection des indications géographiques de provenance" (AOC) et "la défense de nos intérêts industriels européens face aux pays émergents".

 

Les négociateurs tentent de trouver un accord sur la base d’un paquet de propositions sur l'agriculture et les produits industriels mis sur la table vendredi par le directeur générale de l’OMC, Pascal Lamy. Le texte a remporté l'aval de la majorité des grandes puissances commerciales. Mais l'Inde boude le texte, suivie par plusieurs pays en développement qui craignent pour leur industrie (Argentine) ou leur agriculture (Indonésie, Philippines, Turquie, Chine).

 

Selon Stéphanie Antoine, journaliste économique à FRANCE 24, "tout le monde se renvoie la balle", comme lors des sept années écoulées depuis l’ouverture des négociations. "C’est la question agricole qui pose problème dans les négociations de Doha. Les pays émergeants comme l’Inde, la Chine et le Brésil demandent que les pays industrialisés réduisent leurs droits de douane sur les produits agricoles. D’un autre côté, les pays industrialisés demandent à ces pays d’ouvrir leurs marchés de produits industriels."

 

Bien que des progrès aient eu lieu ces derniers jours, notamment sur la question controversée des droits de douanes sur les bananes, la journaliste constate la difficulté des 153 pays présents à s’entendre sur un accord.

 

La Chine rejoint l’Inde

 

New Delhi a été rejointe samedi par un acteur de poids: la Chine. Pékin a averti qu'il entendait protéger sa production de riz, de coton et de sucre, produits sur lesquels il refuse d'abaisser ses droits de douane.

 

Lors d’une réunion avec les 153 Etats-membres de l’OMC lundi matin, les Etats-Unis ont accusé la Chine et l’Inde de menacer les négociations.

 

"Une économie émergente de premier plan, l'Inde, a d'abord rejeté le paquet et par la suite une autre économie émergente de premier plan, la Chine, s'en est distanciée", s'est insurgé lundi David Shark, numéro deux de la mission américaine à Genève devant le Comité des négociations agricoles. "Leurs positions placent l'intégralité du cycle de négociations de Doha face au danger le plus grave en près de sept ans de négociations", a-t-il poursuivi.

  

"Nous ne bloquons pas (les négociations)", a rétorqué le ministre indien du Commerce Kamal Nath. "Il y a plusieurs autres pays qui ont fait des déclarations", allant dans le sens de celles de l'Inde et de la Chine, a affirmé M. Nath.

  

Il s'en est lui-même pris aux Etats-Unis en affirmant que Washington "veut obtenir deux fois le montant des subventions accordées actuellement. Ils disent: ‘nous voulons avoir le droit de doubler nos subventions et nous ne les triplerons pas. Que donnez-vous en échange ?’"


Les négociations à l'OMC qui ont commencé lundi, devraient se poursuivre jusqu'en milieu de semaine.

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