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Entre Abidjan et Ouagadougou, "la tempête est passée"

En visite historique à Ouagadougou, le président ivoirien Laurent Gbagbo a promis de faire de la Côte d'Ivoire et du Burkina Faso "la colonne vertébrale" de l'Afrique Ouest. Un discours qui scelle la réconciliation entre les deux pays.

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Arrivé à Ouagadougou le 27 juillet dernier, pour une visite historique de trois jours au Burkina Faso, le chef de l’Etat ivoirien, Laurent Gbagbo, a annoncé vouloir faire des relations ivoiro-burkinabè “la colonne vertébrale de l’Afrique de l’Ouest. Un changement de ton qui, selon Philippe Hugon, spécialiste de l’Afrique à l’université de Paris X-Nanterre, marque "la fin de la guerre d’usure" que se sont livrées les deux anciennes colonies françaises.

 

“Pour moi et pour de nombreux Ivoiriens et Burkinabè, la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso sont une seule et même patrie au cœur de l’Afrique de l’Ouest en raison de notre longue histoire commune sur les plans, économique, social, culturel et humain”, a-t-il affirmé au dernier jour de sa visite.

 

Compaoré, le "facilitateur"

 

Au plus fort de la crise politico-militaire qui a secoué la Côte d’Ivoire, le président Gbagbo avait pourtant accusé son homologue burkinabè, Blaise Compaoré, d’avoir soutenu la tentative de coup d’Etat du mouvement rebelle des Forces nouvelles (FN) de Guillaume Soro, le 9 septembre 2002. En quête d’une image de "faiseur de paix" dans la région, le numéro un burkinabè a souhaité faire montre de sa bonne volonté en s’impliquant dans la résolution du conflit et en endossant le rôle de facilitateur entre le régime de Gbagbo et la rébellion. C’est sous son égide que fut signé, le 4 mars 2007, l’accord de Ouagadougou qui a mis fin à près de cinq années de crise ivoirienne.

 

Divisée en deux au lendemain de la tentative de putsch, la Côte d’Ivoire a pu ainsi renouer avec la paix. La nomination, le 29 mars 2007, de Soro à la tête d’un gouvernement d’union nationale a finalement scellé l’unité retrouvée. Et laissé espérer la tenue rapide d’une élection présidentielle tant attendue des Ivoiriens.

 

Initialement fixée au mois d’octobre 2005, soit à la fin du mandat officiel de Gbagbo, la date du scrutin a été plusieurs fois repoussée avant d’être finalement arrêtée au 30 novembre 2008.

 

Selon des analystes, le moment choisi par Gbagbo pour effectuer sa visite au Burkina constitue un signe positif quant à la mise en application de l’accord de Ouagadougou. D’après Hugon, "Gbagbo montre qu’il est un bon tacticien en acceptant le compromis. Ses chances de se faire réélire en novembre sont très grandes", explique-t-il.

 

Le point d’achoppement : les "étrangers"

 

Reste la question des Burkinabè vivant en Côte d’Ivoire, vieux contentieux entre les deux pays.
Ils seraient quelque trois millions à s’être installés sur l’ensemble du territoire ivoirien. Amenés par la France pour travailler dans les champs de coton et de cacao, ils participent toujours largement à l’économie du pays.

Menant une existence paisible sous le mandat du président Félix Houphouët-Boigny, les "étrangers", comme les appellent les Ivoiriens, ont peu à peu été marginalisés. La xénophobie ambiante fut telle que les autorités ont décidé d’exclure de la présidentielle de 2000 le candidat de l’opposition, Alassane Ouattara, pour cause de "non-ivoirité". Une décision qui a déclenché les foudres du président burkinabè et marqué le début des tensions entre Ouagadougou et Abidjan.

 

Pour Alpha Barry, correspondant de Radio France international (RFI) à Ouagadougou, la décision de Gbagbo, en novembre 2007, de supprimer le permis de séjour pour tous les ressortissants de pays d’Afrique de l’Ouest a été perçue par Ouagadougou comme un effort supplémentaire de rapprochement entre les deux pays.


L’économie ivoirienne a beaucoup souffert de la crise durant laquelle, le Burkina, autrefois dépendent de la Côte d’Ivoire, s’est tourné vers le Togo, le Ghana et le Bénin.

 

Aujourd’hui, Gbagbo semble prendre conscience de l’importance d’entretenir de bonnes relations avec son voisin. "La Côte d’Ivoire veut jouer le rôle de locomotive dans la région, explique Barry. Mais elle a besoin des Burkinabè. Ce sont eux qui pèsent désormais sur l’économie de la région."


 

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