Accéder au contenu principal
BELGIQUE - CRISE

La réforme des institutions reportée à mi-septembre

3 min

Le roi des Belges Albert II a prorogé le mandat des trois médiateurs chargés de trouver une issue à la crise qui a conduit le Premier ministre Yves Leterme à présenter sa démission.

Publicité

La Belgique fédérale en crise a gagné jeudi un sursis supplémentaire d'un mois et demi face à l'impatience des Flamands qui exigent plus d'autonomie face aux francophones, mais le moment de vérité semble se rapprocher à grands pas pour le pays.

Le roi des Belges Albert II a prolongé jusqu'à "la deuxième moitié de septembre" une mission qu'il a confiée à trois médiateurs pour préparer le lancement du "dialogue", c'est-à-dire de négociations sérieuses sur la réforme de l'Etat entre ses sujets néerlandophones et francophones aux intérêts économiques et culturels de plus en plus antagoniques.

Cette mission de médiation lancée le 17 juillet en raison de l'incapacité du Premier ministre Yves Leterme de faire accepter les bases d'un compromis, même à ses propres troupes du parti chrétien-démocrate flamand CDV et à son allié nationaliste de la NVA, devait à l'origine s'achever le 31 juillet.

Le bref rapport intérimaire présenté au roi n'a fait que constater la volonté des partis politiques belges d'en arriver à un nouveau partage des compétences entre l'Etat et les "entités fédérées" --Régions et Communautés--, a précisé l'un des médiateurs, le libéral bruxellois François-Xavier De Donnea.

Les médiateurs, selon un communiqué du Palais, devront se concentrer désormais sur la manière d'associer les divers niveaux du pouvoir --Etat fédéral, régions et communautés-- à cette "réforme approfondie de l'Etat".

C'est la question clé aussi bien pour les partis flamands qui réclament que les négociations soient dirigées par les deux communautés, néerlandophone et française, que pour les partis francophones qui veulent que les trois régions --Flandre et Wallonie mais aussi Bruxelles-- siègent en tant que telles.

Si les Flamands sont à la fois les plus nombreux --60% des 10,5 millions de Belges-- et les plus riches, ils sont très minoritaires à Bruxelles.

De gros nuages s'amoncellent déjà à l'horizon, faisant craindre que le pays, en crise quasi-ininterrompue depuis les législatives de juin 2007, ne connaisse un nouvel accès de fièvre dès l'automne. Avec en ligne de mire, l'échéance des élections régionales de juin 2009, peu propice aux compromis.

A l'annonce de l'extension de la mission de médiation, les nationalistes flamands de la NVA, se sont plaint qu'aucune de leurs exigences n'ait été satisfaite.

Mais M. De Wever tranchera lors d'un congrès que doivent tenir ses adhérents le 21 septembre, laissant ainsi un peu de répit aux médiateurs ainsi qu'à ses alliés du CDV.

Le cartel formé par le CDV et la NVA a d'ailleurs réaffirmé vouloir que la "logique confédérale" s'applique immédiatement. Cela passe par "un dialogue de Communauté à Communauté", auquel seraient invitées ponctuellement les Régions, permettant d'arriver à des résultats avant les élections régionales de juin 2009.

Côté francophone, on a aussitôt relevé le gant.

Les centristes du CDH, dirigés par Joëlle Milquet, surnommée "madame Non" en Flandre, ont prévenu qu'ils resteraient fermes dans "la défense des droits des francophones autour et dans Bruxelles" et que "le dialogue interinstitutionnel doit impliquer sur un pied d'égalité" Régions et Communautés, outre l'Etat fédéral.

"Les Flamands veulent que les francophones rendent les armes sans combattre sur le statut de Bruxelles et de sa périphérie, avant même de commencer à négocier", a affirmé de son côté, une autre bête noire de la Flandre, Olivier Maingain, le chef du Front des francophones (FDF) de Bruxelles.

Il a dit "redouter une crise profonde qui conduira à des élections anticipées" bien avant juin 2009.

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.