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Les vacances ratées de Gordon Brown

A peine 18 mois après sa prise de fonction, le Premier ministre britannique cumule défaites électorales, chutes dans les sondages et fronde de ses partisans. La presse européenne fait le point sur cet été difficile.

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Dans la station balnéaire de Southwold, dans l’est de l’Angleterre, malgré la clémence du climat les vacances de Gordon Brown n’ont pas dû être radieuses, comme le souligne la quasi-totalité de la presse européenne. "Ces vacances [sont] sans doute les plus amères" du Premier ministre britannique, indique le quotidien espagnol La Voz de Galicia, évoquant l’attaque en règle lancée le 30 juillet contre lui par le ministre des Affaires étrangères David Miliband dans le quotidien britannique The Guardian.

 

Le "chouchou" de l’ancien Premier ministre Tony Blair est en effet à la tête d’une véritable fronde lancée par les cadres du Parti travailliste et qui rassemble syndicats, militants, députés et ministres du Labour.

Plus qu’à une fronde, c’est à un "complot“ que doit faire face Gordon Brown selon un autre quotidien espagnol publié à Séville, le Diario de Sevilla, qui titre sur cette "conspiration (…) menée par de hauts responsables du Labour pour hâter le départ" de Brown. Même son de cloche chez La Gaceta, qui pointe "un complot travailliste contre Brown".

 

Plus impopulaire que Major

Autre motif d’inquiétude pour le Premier ministre britannique, ce sondage publié le 3 août par le quotidien The Mail on Sunday d’après lequel Gordon Brown est considéré par ses électeurs comme le pire chef de gouvernement depuis la Seconde Guerre mondiale. Il arrive même devant John Major, le successeur de Margaret Thatcher, au classement des Premiers ministres les plus impopulaires…

 

Un sondage qui sonne comme un "nouveau coup dur" selon le quotidien français Le Monde, qui rappelle que cette "crise politique" remonte à "une succession de défaites lors d’élections locales et partielles" : la perte au profit des Tories de la mairie de Londres le 1er mai, et celle de deux bastions travaillistes, fin mai dans la banlieue de la capitale puis le 24 juillet à Glasgow-Est.

Isolé, impopulaire, promis à une lourde défaite lors des prochaines élections législatives (prévues en 2010), soumis à la fronde de son entourage politique, Gordon Brown doit-il déjà partir ? C’est en tout cas la question que se posent les analystes de la presse européenne.

Selon l’hebdomadaire allemand Stern, son départ sera hâté par la guerre de succession qui a déjà commencé entre l’actuel Premier ministre et son prétendant David Miliband. Le quotidien conservateur français Le Figaro évoque lui aussi un départ anticipé de M. Brown, mais pour mettre en garde contre toute précipitation : "Changer de chef de file en pleine crise économique n’a jamais été une bonne idée" et son expérience le prédispose "à conduire le pays à travers une passe difficile en attendant des jours meilleurs", écrit le directeur-adjoint de la rédaction Pierre Rousselin.
  

Départ à l'automne ?

 

Le correspondant du Monde à Londres dévoile le scénario largement évoqué dans la presse anglaise selon lequel M. Brown tirerait sa révérence au congrès du Labour le 20 septembre prochain… mais pour lui opposer le caractère orgueilleux de l’Ecossais : "Abandon ou retraite sont des mots que Gordon Brown a bannis de son vocabulaire pour tenir encore et toujours. Avoir été chancelier de l’Echiquier pendant dix ans l’a ‘blindé’ contre cette tentative de l’anéantir un an seulement après avoir franchi l’ultime marche du pouvoir."

Surtout, il en va de la réputation du Parti travailliste, martèle le chroniqueur politique du Financial TimesPhilip Stephens. "Défenestrer M. Brown reviendrait à reconnaître (…) la plus grande erreur collective  de l’histoire politique moderne", puisque les députés l’ont élu il y a seulement 18 mois ! Et si Gordon Brown est remercié, le pays aura connu trois Premiers ministres travaillistes en un an et demi…

Alors partira, partira pas ? Son départ marquerait une crise pour les partis de gauche en Europe selon le quotidien La Razon, qui parle de cette "gauche européenne qui se dégonfle". Parmi les différents gouvernements européens, la gauche n’est plus aux affaires qu’en Espagne et en Angleterre, deux pays où elle est menacée puisque le Premier ministre espagnol Zapatero semble lui aussi en mauvaise posture… Et le quotidien de regretter l’époque où les leaders de gauche européens ne manquaient pas de charisme : Gordon Brown, José Luis Zapatero ou François Hollande ne remplaceront pas François Mitterrand, Felipe Gonzales ou Olof Palme.
 

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