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Des médailles qui valent de l'or

Depuis 1980, les droits de retransmission des Jeux olympiques ont été multipliés par dix-sept. Un pactole de près de 17 milliards d'euros qui génère une véritable guerre des images.

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"Citius, Altius, Fortius", "Plus vite, plus haut, plus fort", nous dit depuis plus de 2 000 ans la devise des Jeux olympiques. Plus cher devrait-on ajouter aujourd’hui.

 

Si la compétition olympique rassemble les meilleurs athlètes du monde, elle réunit aussi les télévisions du monde entier. Ou plutôt les oppose, puisque celles-ci se livrent une concurrence terrible pour  la retransmission.

 

Pendant les JO, la guerre des images est aussi intense que la course aux lauriers.

 

Il faut dire que cet évènement sportif, le plus suivi après la Coupe du monde de football, a de quoi attirer les convoitises des télévisions.

 
Le comité olympique le sait, et en profite.
 

L’évènement sportif est une manne financière : depuis les Jeux de Moscou en 1980 et ceux de Pékin, les droits TV ont été multipliés par 17.

 
 
NBC raffle la mise

  

Cette année, c’est la chaîne américaine NBC qui a signé le plus gros chèque : 894 millions de dollars pour l’exclusivité des retransmissions aux Etats-Unis.

 

En Europe, c’est l’UER, Union européenne de radiotélévision, qui discute avec le Comité international olympique. "Ces négociations vont dans le sens de garder le sport en accès gratuit pour le plus grand nombre",comme l’explique Jean Réveillon, son secrétaire général.

 

La philanthropie de l’institution lui coûte quand même la bagatelle de 450 millions de dollars… Mais pour ce prix-là, pas question d’avoir les mêmes exigences que la chaîne américaine : décalage horaire et diffusion en direct ne faisant pas toujours bon ménage, NBC a exigé, et obtenu, le déplacement de certaines épreuves.

 

Le poids économique de la chaîne ne justifie pas à lui seul ses sommations : "C’est aussi une question d’éthique, de déontologie sportive. Personnellement, je ne ferais jamais pression pour faire évoluer les gymnastes à 9 heures du matin", commente Jean Reveillon.

  

De beaux principes, bientôt menacés par la concurrence… Car l’UER doit faire face à des acteurs capables d’aligner les zéros devant la virgule.

 

"Nous avons appris qu’il y avait des groupements de télévisions payantes qui auraient été intéressés par l’achat global des Jeux pour ensuite les redistribuer et les vendre d’une façon ou d’une autre".

 

Le processus d’attribution des Jeux est un monde cruel qui laisse par conséquent des victimes derrière lui : c’est le cas de l’Equipe TV qui a eu beaucoup de mal à trouver un accord avec France Télévisions qui détient les droits des Jeux de Pékin pour la France avec Canal +.

 

A un mois de la cérémonie d’ouverture, l’augmentation tarifaire avait de quoi effrayer le directeur de la chaîne sportive, Xavier Spender : "Plus 150 % par rapport à Athènes, ça nous paraît disproportionné…".

  
 
Le prix de la rediffusion

  

En pratique, on arrive facilement à 2 200 euros la minute de diffusion. Pour cette chaîne d’information en continu, le coût à la minute est à décupler au court de la journée…

 

Car la règle du CIO est claire : on paie pour un passage dans un journal d’information toutes les deux heures… Une règle impossible à respecter à l’Equipe TV…

 
"Pour nous, et pour d’autres chaînes d’information française, il est impossible de diffuser les JO en appliquant les règles du droit d’information du CIO."
 

La jurisprudence française assouplie néanmoins cette norme et permet une diffusion tous les quarts d’heure ou toutes les demi-heures.

 

Le Comité olympique français estime que le problème de la multidiffusion est un faut débat : pour Denis Masseglia, l’abondance et la diversité des images olympiques permettent d’alimenter toute les chaînes, y compris celles d’info en continu.

 

A lire entre les lignes, on comprend que l’Equipe TV est priée de n’évoquer qu’une seule fois les épreuves, sans la moindre préoccupation pour les téléspectateurs distraits qui auraient raté le créneau…

 
 
Internet va changer la donne

  

Mais l’important est ailleurs : la bataille des images risque de mettre en péril l’équilibre entre la réalité de l’organisation des Jeux et leur exploitation économique.

 

Sans compter que l’arrivée d’Internet ne va pas simplifier la donne…

 

"Tous les médias et télécommunications sont intéressés par ce grand marché qu’est le sport, au sein duquel les Jeux olympiques sont l’un des évènements les plus convoités", explique notre invité Wladimir Andreff, professeur d’économie à la Sorbonne.

 

C’est à se demander aujourd’hui où a lieu la véritable compétition et si le journalisme sportif ne devrait pas être élevé au rang de discipline olympique…




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