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GÉORGIE - RUSSIE

Les forces russes gagnent du terrain en Géorgie

5 min

Pour la première fois, la Russie est allée au-delà des frontières de l'Abkhazie. Le président géorgien Mikheïl Saakachvili dénonce un "processus d'invasion". George W. Bush appelle Moscou à faire marche arrière.

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La Russie a rejeté un projet de résolution proposé par des diplomates de l'ONU

 

Alors que la Russie a pour la première fois pénétré lundi en Géorgie, hors des fronts ouverts dans les régions séparatistes d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie, le président américain George W. Bush appelle Moscou à faire marche arrière sur la voie "dans laquelle elle s'est apparemment engagée".

Depuis la Maison Blanche, George W. Bush a laissé entendre que la Russie semblait vouloir renverser le gouvernement géorgien et adressé une sévère mise en garde à Moscou dont les actions, dit-il, "menacent les relations avec les Etats-Unis".

 

Le président géorgien, Mikheïl Saakachvili, a déclaré lundi que les forces russes occupaient désormais "la majeure partie" du territoire géorgien et que l'armée géorgienne se préparait à défendre la capitale. La Russie, de son côté, affirme ne pas vouloir attaquer Tbilissi. Les deux pays se livrent une véritable guerre de communiqués et les informations contradictoires se succèdent.

 

Un peu plus tôt dans la journée,  le secrétaire du Conseil de sécurité géorgien, Alexandre Lomaïa, avait annoncé que les forces russes occupaient Gori, la plus grande ville géorgienne près de l'Ossétie du Sud. Cette information a ensuite été démentie par le ministère russe de la Défense.

 

Poussée militaire russe
 
 

Envoyé spécial de FRANCE 24 en Géorgie, Nicolas Ramson a constaté que la ville de Gori se vidait de ses habitants, témoignant de scènes de paniques de résidents tentant de fuir la ville.  "La confusion la plus totale règne. L’artillerie lourde géorgienne est en train de se replier sur Tbilissi", déclare-t-il.

 

La Russie a en revanche admis que ses troupes sont entrées dans la ville géorgienne de Senaki, située non loin de la région séparatiste d'Abkhazie. Le ministère de la Défense à Moscou, cité par Interfax, a annoncé un peu plus tard que les forces russes s'étaient retirées de Senaki, "le risque de tirs sur l'Ossétie du Sud depuis Senaki ayant disparu avec le départ de l'infanterie géorgienne".

 

Des observateurs militaires de l'ONU basés en Abkhazie ont confirmé que des soldats russes ont occupé la base militaire de Senaki. C'est la première fois qu'est confirmée de source indépendante l'entrée de troupes russes dans des zones de Géorgie, extérieures aux territoires séparatistes de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud.

 

Selon un reporter norvégien sur place, des troupes russes ont par ailleurs fait une incursion lundi dans la ville géorgienne de Zougdidi, proche de la république séparatiste géorgienne d'Abkhazie.

 

Difficile de démêler le vrai du faux. Toutefois, que ce soit pour regrouper les troupes géorgiennes à distance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud, pour renverser Saakachvili ou pour défier un peu plus les Occidentaux, " il y a très clairement une poussée militaire russe en profondeur dans le territoire géorgien", analyse Jean-Bernard Cadier, spécialiste politique internationale à FRANCE 24.

 

Pour lui, une prise de Gori changerait la donne. "Que font des troupes de maintien de la paix quand elles descendent dans le Sud en direction de Tbilissi", interroge-t-il.

 

"Réveillez-vous !"
 

Dans un discours télévisé à la nation, le président géorgien, Mikheïl Saakachvili a dénoncé un "processus d’invasion" de la part de la Russie et en a appelé à la communauté internationale. "S’il vous plaît, réveillez-vous tous et prenez partie", a-t-il lancé de sa tribune où l’on pouvait voir, en arrière-plan, un drapeau européen. 

 

Malgré les informations de la Géorgie selon lesquelles elle aurait cessé ses activités militaires en Ossétie du Sud, l'aviation géorgienne aurait bombardé ce lundi Tskhinvali, la capitale de la province. C’est ce qu’affirme en tout cas le commandement des forces russes chargées du maintien de la paix cité par l'agence Interfax.

 

Un journaliste de Reuters, présent sur les lieux, a pu constater que six hélicoptères de combat géorgiens ont tiré sur des cibles aux abords de Tskhinvali.

 

"A Moscou, les experts pensent que la Russie est en train de renforcer ses positions avant le début des négociations mais, qu’à terme, on devrait retrouver le statu quo qui existait avant le début du conflit avec deux régions séparatistes soutenues en sous-main par Moscou", déclare Romain Goguelin, correspondant de FRANCE 24 en Russie.

 

Voie diplomatique
 
Le ballet diplomatique continue en parallèle. Le président géorgien, Mikheïl Saakachvili, a donné son accord lundi matin à un plan de paix proposé présenté par le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner.  

 

Après Tbilissi, le diplomate, dont le pays assure la présidence tournante de l’Union européenne (UE), doit poursuivre sa mission de médiation lundi soir à Moscou, où il sera toujours accompagné d'Alexander Stubb, président en exercice de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

 

Le président Nicolas Sarkozy est de son côté attendu mardi en Russie pour tenter de finaliser un accord de cessez-le-feu. Il se rendra également en Géorgie, a indiqué l'Elysée. Le plus délicat, pour Nicolas Sarkozy, consiste à convaincre Moscou mais également à parvenir à un accord au sein de l'UE.

 

Bernard Kouchner a balisé le terrain en soumettant plusieurs propositions au président géorgien. Mikheïl Saakachvili s’est dit prêt à accepter des forces de maintien de la paix composées de Géorgiens, de Russes et de soldats internationaux, ainsi qu’une cessation immédiate des hostilités.

 

Les forces russes sont intervenues en représailles de l’envoi de troupes gouvernementales géorgiennes en Ossétie du Sud, dans la nuit de jeudi à vendredi. Tbilissi cherche à restaurer son autorité dans une région dont les velléités séparatistes sont largement appuyées par la Russie. Le conflit entre la Géorgie et la Russie s’est depuis étendu à l’Abkhazie.  

 

Depuis le début du conflit, les opérations des troupes russes se limitaient aux deux territoires séparatistes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud, où Moscou dispose depuis les années 1990 de forces de maintien de la paix, ainsi que dans les gorges de Kodori, région de l'Abkhazie en partie contrôlée par Tbilissi.

 

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