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ÉTATS-UNIS - AFGHANISTAN

L'Afghanistan s'immisce dans la campagne

3 min

Depuis le début de l'année, plus de 90 soldats américains sont morts en Afghanistan. En sept ans, 500 militaires y ont péri. Le conflit revient sur le devant de la scène et s'immisce dans la campagne présidentielle américaine.

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Presque sept ans après l’invasion de l’Afghanistan, la barre symbolique des 500 morts américains a été franchie au mois de juillet dernier. En juin, 23 soldats ont péri sur ce théâtre d’opérations oublié  (c’est plus qu’en Irak lors de la même période). Déclenchée le 7 octobre 2001, quelques semaines après les attentats contre le World Trade Center, la guerre contre les Taliban est loin d’être finie.

Alors qu’en Irak, les pertes militaires sont en baisse, beaucoup d’Américains se souviennent soudainement que, toutes les semaines, plusieurs de leurs soldats meurent en Afghanistan. A un rythme de plus en plus soutenu. Avec 111 tués en 2007, l’armée américaine présente en Afghanistan pensait avoir connu son année la plus meurtrière. Depuis janvier, plus de 90 soldats ont péri. Et le rythme s’accélère alors que le nombre d’attaques perpétrées par les Taliban est en hausse.

 

 

Regain d'intérêt


Dans son édition du 6 août, le New York Times raconte l’histoire de la famille Blaskowski. Leur fils de 27 ans, Matthew, a été tué par un sniper en Afghanistan en septembre 2007. Longtemps, les Blaskowski se sont sentis bien seuls dans leur douleur, pleurant leur fils mort sur le front d’une guerre ignorée par les médias américains. Mais cette situation est en train de changer : selon un sondage mené par l’institut Gallup, les Américains sont désormais 44 % à penser que la guerre en Afghanistan est plus importante que ce qui se passe en Irak.

Ce retour sur le devant de la scène semble réconforter la mère du jeune sergent, Cheryl Blaskowski : "Au moins, cette nouvelle attention médiatique va permettre aux gens de réaliser que ces types sont des êtres humains. Ce sont nos frères, nos fils, nos pères qui meurent là-bas."

Le regain d’intérêt pour ce qui se passe à Kaboul est tel que la guerre en Afghanistan a fini par s’inviter dans la campagne présidentielle. Suivant les conseils des militaires américains, le républicain John McCain et le démocrate Barack Obama se sont tous deux dits favorables à un renforcement du dispositif militaire en Afghanistan. Obama veut envoyer 10 000 hommes supplémentaires pour combattre les Taliban. Le candidat démocrate estime qu’en retirant des troupes d’Irak, l’armée aura les moyens suffisants pour déployer ces renforts.

 

"Jusqu'à la victoire"

Dans ses discours, le sénateur de l’Illinois aime à rappeler qu’il a toujours été favorable à l’invasion de l’Afghanistan et qu’il faut combattre jusqu’à la victoire ceux qui ont perpétré les attentats du 11 septembre. "Nous avons besoin de plus d'hommes, de plus d'hélicoptères, de plus de sources de renseignement, de plus d'assistance non militaire pour accomplir notre mission ici", a-t-il déclaré le 19 juillet, lors de sa visite à Kaboul. Une approche ferme qui s’appliquerait à toute la région : s’il est élu, Obama a prévenu que les Etats-Unis n’hésiteraient pas à frapper les membres d’Al-Qaïda sur le sol pakistanais, de manière unilatérale.

John McCain veut, lui aussi, poursuivre le combat "jusqu’à la victoire". Mais pour le républicain, les Etats-Unis ne doivent pas compromettre les "progrès" enregistrés en Irak en y retirant trop tôt leurs troupes pour les transférer en Afghanistan.  Selon lui, ce sont donc les alliés des Etats-Unis, au sein de l’Otan, qui doivent fournir un effort supplémentaire. "Nous devons en discuter mais nos alliés au sein de l’Otan doivent davantage participer à l’effort de guerre. Ils doivent nous aider davantage", a déclaré le sénateur de l’Arizona.
 

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