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Obama et McCain courtisent le vote évangéliste

Les deux candidats à la Maison Blanche ont participé ensemble à un forum religieux organisé par un des pasteurs les plus influents des États-Unis. McCain et Obama y ont été interrogés séparément.

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Les candidats démocrate et républicain à la Maison Blanche Barack Obama et John McCain se sont retrouvés ensemble samedi pour la première fois à l'occasion d'un forum religieux organisé en Californie (ouest) par l'un des pasteurs les plus influents des Etats-Unis.

"Ravi de vous voir", a dit M. Obama à John McCain. "Ravi de vous voir", a répondu le candidat républicain. Les deux candidats se sont longuement serrés la main avant de se donner une tape amicale dans le dos.

Les deux hommes avaient répondu à l'invitation du pasteur Rick Warren dans sa méga-église de Saddleback à Lake Forest (Californie, ouest) pour répondre, séparément durant une heure chacun, aux mêmes questions portant sur la foi, l'avortement, le mariage homosexuel ou la pauvreté.

Sans cravate et paraissant assez détendu, M. Obama a été soumis pendant une heure aux questions du pasteur Warren pendant que M. McCain attendait en coulisses dans une pièce où il ne pouvait entendre ni les questions du pasteur, ni les réponses du candidat démocrate. Les deux candidats se sont retrouvés ensemble au moment où M. Obama a quitté la scène pour laisser la place à M. McCain, également sans cravate, qui a été interrogé à son tour durant une heure.

M. Obama a répété qu'il était favorable au droit à l'avortement. "Pas parce que je soutiens l'avortement en tant que tel mais parce que je ne crois pas que les femmes qui ont recours à l'avortement le font de façon insouciante", a-t-il dit. Il a indiqué qu'il était défavorable aux avortements tardifs sauf dans le cas où la santé de la mère est en danger.

Il a également indiqué qu'il pensait que le mariage était une union entre un homme et une femme. Mais, il a souligné qu'il refuserait qu'un amendement soit ajouté à la Constitution américaine pour interdire le mariage homosexuel. Le sénateur de l'Illinois s'est déclaré favorable aux unions civiles pour les couples homosexuels.

Citant volontiers de mémoire des passages entiers de la Bible, M. Obama a estimé que le plus grand échec moral de l'Amérique était de ne pas aider suffisamment les défavorisés, les victimes de la pauvreté, du racisme et du sexisme.

Intervenant après M. Obama, M. McCain a semblé plus en phase avec les chrétiens évangéliques soulignant son opposition absolue à l'avortement parce que "les droits de l'être humain commencent dès la conception" et au mariage ou aux unions civiles des couples homosexuels.

Mais, contrairement à son adversaire démocrate, M. McCain s'est gardé de citer le moindre passage des Ecritures. Il a estimé que le plus grand échec moral de l'Amérique avait été l'incapacité des Américains, après les attaques du 11 septembre 2001, à s'investir "dans des causes plus grandes que leurs propres intérêts". D'un point de vue personnel, il a regretté "l'échec" de son premier mariage.

M. McCain a par ailleurs exprimé sa compassion pour les Géorgiens et assuré qu'il était prêt à poursuivre Oussama ben Laden "jusqu'aux portes de l'Enfer".

L'événement était retransmis en direct à la télévision au niveau national.

La religion joue un rôle incontournable aux Etats-Unis et le vote des chrétiens évangéliques joue un rôle déterminant. Pendant longtemps, les électeurs appartenant à cette communauté ont constitué un important réservoir de voix pour les républicains.

Selon un récent sondage de la chaîne ABC, les chrétiens évangéliques sont 67% à soutenir M. McCain contre 25% qui affirment vouloir voter pour M. Obama.

En 2000 et 2004, George W. Bush avaient bénéficié de 80% des voix de cette communauté.

MM. Obama et McCain sont tous deux chrétiens. D'abord épiscopalien, M. McCain a rejoint les rangs de la communauté baptiste évangélique du Sud. M. Obama est membre de l'Eglise unie du Christ, un groupe protestant. Le sénateur de l'Illinois a répudié son pasteur, Jeremiah Wright, durant la campagne présidentielle après avoir dénoncé des propos jugés anti-américains de ce révérend.

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