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La tension reste vive malgré le cessez-le-feu

Le plan censé mettre fin aux combats est désormais paraphé par Moscou et Tbilissi, mais le chef de la diplomatie russe indique que le contingent russe demeurera "aussi longtemps qu'il le faudra" en Géorgie.

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Le président russe, Dmitri Medvedev, a signé ce samedi le plan en six points négocié par la France en vue de cesser les combats avec la Géorgie. La veille, l'accord de cessez-le-feu avait également été signé par le président géorgien Mikheïl Saakachvili, après avoir été "clarifié" par la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, venue dans la capitale géorgienne.

En principe, la Russie doit désormais entamer le retrait de ses troupes entrées en Géorgie. Or,  un passage du document - qui n'a pas encore été rendu public - autorise Moscou à prendre des "mesures supplémentaires de sécurité" autour de l'Ossétie du Sud dont la portée pratique n'est pas encore connue.

 

"Il y a, dans cet accord, des passages qui sont suffisamment flous pour donner lieu à des discussions à n’en plus finir", analyse Jean-Bernard Cadier, spécialiste de politique internationale à FRANCE 24. 

 

D’ailleurs, quelques minutes après l’annonce de la signature du cessez-le-feu par Moscou, Sergueï Lavrov, chef de la diplomatie russe, a annoncé que les forces russes resteront "aussi longtemps qu'il le faudra" en Géorgie.

Le diplomate a précisé que les soldats russes se retireront "au fur et à mesure" de la mise en place du contingent de maintien de la paix prévu par l'accord.

Moscou se considère comme seul "garant" de la sécurité dans le Caucase.

Le chef de la diplomatie russe a toutefois indiqué que les ministères russes des Affaires étrangères et de la Défense entameraient incessamment des consultations avec l'ONU et l'OSCE en vue d'accroître le nombre d'observateurs internationaux, y compris militaires, en Ossétie du Sud.

 

De son côté, George W. Bush estime que la signature du plan de paix par la Russie est "une source d'espoir". "Maintenant, il faut que la Russie honore l'accord et retire ses troupes", a-t-il dit. Le président américain a ajouté que les territoires séparatistes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud devaient continuer de faire partie de la Géorgie. "Il n'y a aucune discussion possible sur le sujet", a-t-il déclaré.

 

Mystérieux mouvements de troupes russes

 

Sur le terrain ce samedi, des blindés russes vont et viennent sur le territoire géorgien, sans que la moindre explication sur ces mouvements de troupes ne soit avancée.

 

"Les chars russes continuent d'aller et de venir là, tout près de Tbilissi, de même qu’il y a des mouvements assez importants, semble-t-il, au centre du pays […] Pour le moment, le plan de paix n’est pas appliqué", constate à Tbilissi Régis Genté, correspondant RFI pour FRANCE 24, peu de temps après l'annonce de la signature du cessez-le-feu par Medvedev.

La Géorgie accuse ainsi l'armée russe d'avoir fait sauter un pont ferroviaire stratégique, à une cinquantaine de kilomètres de Tbilissi, sur la ligne de chemins de fer reliant l'Est à l'Ouest du pays. Une information démentie par la Russie.

Par ailleurs, les forces russes se sont positionnées à une quarantaine de kilomètres de Tbilissi et autour de la ville stratégique de Gori, non loin de la province séparatiste d'Ossétie du Sud. Le ministère géorgien de l'Intérieur indique que d'autres mouvements de troupes russes ont été recensés à Katchouri et à Akhalgori, au nord-est de Gori.

Depuis vendredi, de petits convois humanitaires ainsi que des ambulances sont autorisés au compte-goutte à entrer à Gori, où l'on ne dispose d'aucun chiffre sur le nombre de blessés et de morts.

A Tskhinvali, la capitale de l'Ossétie du Sud, le procureur général du territoire séparatiste a appelé samedi la Géorgie à évacuer les corps de ses soldats - qui pourraient être des "centaines" - du territoire ossète.

Un journaliste de l'AFP a vu plus de quarante cercueils avec des corps de personnes tuées il y a plus d'une semaine, et posées sur une pelouse, la morgue locale n'ayant plus de réfrigération.

Le conflit russo-géorgien a été déclenché par une offensive de Tbilissi, la nuit du 7 au 8 août, contre les séparatistes pro-russes d'Ossétie du Sud. Les forces russes ont contre-attaqué, repoussant l'armée géorgienne pour finalement prendre position en Géorgie.

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