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Des nouvelles hausses de prix inquiétantes aux Etats-Unis

Les prix de gros aux Etats-Unis ont augmenté de 9,8 % depuis le début de l'année, un record depuis 1981. Une hausse plus importante que prévue pour les analystes, qui craignent désormais qu'elle ne se répercute sur les clients.

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Les prix de gros ont bondi en juillet aux Etats-Unis, affichant sur un an leur hausse la plus marquée en 27 ans, ce qui ravive les craintes sur l'inflation alors même que l'immobilier continue de craquer de toutes parts et de menacer l'ensemble de l'économie.
 

Les prix à la production ont progressé de 1,2% en juillet par rapport à juin, tandis que l'indice de base (hors alimentation et énergie) accélérait à +0,7%. Ce sont des hausses beaucoup plus importantes que ce que prévoyaient les analystes.

 
Le véritable choc cependant vient de l'évolution sur un an: l'inflation mesurée par les prix à la production a atteint 9,8%, soit le niveau le plus élevé depuis juin 1981, et 3,5% pour l'indice de base, ce qui est la hausse la plus marquée depuis 1991.

 
Cet indice était très attendu après les chiffres inquiétants sur les prix à la consommation publiés la semaine dernière, qui avaient fait ressortir notamment une hausse de 5,6% de l'inflation sur un an.

 
"Il sera difficile pour la Fed (la banque centrale, NDLR) d'ignorer ces chiffres lors de sa prochaine réunion. Cela dit, les signes récents et à venir de faiblesse économique rendent peu probable une hausse cette année de son taux directeur", actuellement fixé à 2%, a estimé Kenneth Beauchemin du cabinet Global Insight.

 
En juillet les prix de l'énergie et de l'alimentation se sont tassés. Mais en dehors de ces secteurs volatils, des augmentations ont été enregistrées pour les prix des machines-outils, des équipements de transport ou encore des emballages alimentaires.

 
"Le bond de l'indice de base ne s'explique pas par une seule catégorie, ce qui indique que les industriels répondent à la hausse des coûts en amont en augmentant leurs propres prix", a estimé Aaron Smith de Moody's economy.com.

 
C'est la grande crainte des analystes: que les entreprises, à force de voir augmenter leur facture de matières premières, ne répercutent les hausses sur leurs propres clients.

 
Généralement, les entreprises préfèrent rogner sur leurs marges bénéficiaires, surtout dans un contexte de ralentissement de la demande comme c'est le cas avec la crise économique actuelle.

 
Le facteur déterminant de cette crise reste l'immobilier, et mardi a apporté son lot de mauvaises nouvelles sur ce front aussi.

 
Les mises en chantier de logements ont chuté de 11% en juillet par rapport à juin, et les permis de construire de 17,7% -- des baisses attendues après le bond atypique du mois dernier, qui avait vu les promoteurs se ruer pour lancer des chantiers avant l'entrée d'un nouveau code de l'urbanisme à New York.


Mais l'affaiblissement reste manifeste: les mises en chantier sont tombées à leur niveau le plus faible depuis mars 1991,  au moment de la précédente crise de l'immobilier.

 
"Nous restons autour de niveaux que l'on ne s'attend pas à voir en dehors de récessions majeures", a souligné l'économiste indépendant Joel Naroff.

 
Les chiffres de l'immobilier sont très suivis alors que le secteur accumule les déboires.

 
Le président de la Fed de Dallas, Richard Fisher, a jugé mardi que "le pire est encore à venir dans la correction de l'immobilier", et averti que l'économie américaine risquait de se retrouver au point mort au second semestre.

 
Les difficultés du secteur débordent en effet largement sur le reste de l'économie et conditionnent son redémarrage.

 
Mardi, l'enseigne de bricolage Home Depot a fait état d'un bénéfice en recul de 24%, à cause de la baisse de la consommation.

 
Et les géants du refinancement hypothécaire Fannie Mae et Freddie Mac peinaient à redresser la tête, après avoir chuté de plus de 20% en Bourse la veille sur des rumeurs de menaces de faillite appelant une recapitalisation pour le gouvernement.

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