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ROYAUME-UNI

BAA poussé à se séparer de trois aéroports

4 min

Les autorités britanniques ont demandé au groupe espagnol BAA de vendre deux de ses aéroports londoniens et un aéroport écossais pour mettre fin à son quasi-monopole au Royaume-Uni.

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LONDRES, 20 août (Reuters) - Le groupe BAA, filiale de l'espagnol Ferrovial, s'est vu infliger mercredi un jugement plus dur que prévu de la part des autorités britanniques de la concurrence, qui préconisent la vente de deux de ses trois aéroports londoniens pour mettre fin à son quasi-monopole.

 

BAA devra donc se séparer de deux des trois aéroports qu'il exploite dans la capitale - Gatwick, Standsted et Heathrow - mais aussi d'un des deux principaux aéroports écossais, soit celui d'Edimbourg, soit celui de Glasgow.

 

Au total, il n'exploiterait ainsi plus que quatre aéroports au Royaume-Uni, contre sept aujourd'hui.

 

"Le moment précis (de la vente) sera fonction d'une consultation", a dit à la presse Christopher Clarke, président de la Commission de la concurrence sur ce dossier.

 

Il a ajouté que six mois après le rapport définitif de la commission, qui doit être rendu public en mars 2009, semblait un délai raisonnable.

 

"Durant la procédure de privatisation, des secteurs entiers ont été vendus sur une période relativement courte et c'était bien plus complexe que trois aéroports; ce n'est pas compliqué", a-t-il dit.

 

Les recommandations de la Commission de la concurrence doivent encore passer par une phase de consultations mais il est peu probable qu'elles soient remises en cause dans le rapport final, attendu au début de l'an prochain.

 

Elles sont publiées deux jours seulement après l'annonce par Ferrovial du bouclage du refinancement de quelque 13,3 milliards de livres sterling (16,8 milliards d'euros) de dettes, contractées pour l'essentiel afin de financer le rachat de BAA en juin 2006.

 

"Le fait que BAA possède simultanément sept aéroports au Royaume-Uni crée d'importants problèmes de concurrence. Cela est attesté par (...) le manque de réponse aux besoins des compagnies aériennes clientes et par le manque d'initiative en matière de prévisions de capacités", estime dans un communiqué, Christopher Clarke, qui a dirigé l'enquête de la Commission.

 

Il mey l'accent les insuffissances du groupe en matière de planification, un élément crucial pour le développement des aéroports d'Heathrow et de Gatwick.

 

 

RYANAIR SE DIT 'ENCHANTÉE"

 

Plusieurs compagnies aériennes réclamaient un tel durcissement de la réglementation des activités de BAA. Un dirigeant de Ryanair s'est déclaré mercredi "enchanté" par les conclussion de la Commission, estimant qu'elles permettraient d'augmenter les capacités et d'améliorer le service dans les aéroports.

 

En revanche British Airways et EasyJet estiment qu'un changement de propriétaire est moins important qu'améliorer la règlementation de la propriété. "Les aéroports sont des monopoles individuels; vendre un monopole à un nouveau propriétaire n'aidera pas à protéger le consommateur", a dit le directeur général d'EasyJet Andy Harrison à Reuters.

 

La conclusion de fond de la Commission sur le manque de concurrence était attendue depuis la publication en avril d'un pré-rapport, mais ses recommandations concrètes sont plus dures que prévu, le marché ayant jusqu'à présent anticipé la vente de deux aéroports de BAA, et non trois.

 

BAA, créé en 1965, exploite aujourd'hui les trois aéroports londoniens, trois en Ecosse et celui de Southampton.

 

La capitale britannique possède deux autres aéroports, ceux de Luton, propriété de l'espagnol Abertis, et le London City Airport, racheté en 2006 par un groupe d'investisseurs incluant American International Group.

 

BAA et Ferrovial sont régulièrement critiqués par les compagnies aériennes et des hommes politiques britanniques pour l'insuffisance des services rendus par leurs aéroports, notamment à Heathrow et Gatwick. Ces problèmes ont culminé en mars avec la pagaille qui a suivi l'ouverture du Terminal 5 d'Heathrow.

 

BAA a réagi mercredi au rapport de la Commission de la concurrence en estimant que ses recommandations pourraient aboutir à retarder la construction de nouvelles pistes.

 

"En appelant non seulement à une restructuration fondamentale de BAA mais aussi à un réexamen du livre blanc du gouvernement sur le transport aérien, la Commission risque de retarder la mise en service de nouvelles pistes et de compromettre l'amélioration du service aux clients au lieu de la favoriser", a déclaré son directeur général, Colin Mathews.

 

Les analystes sont pareillement sceptiques; pour eux trouver un acheter prendra du temps et n'est nullement une garantie d'expansion ou de meilleure qualité de service.

 

La cession de trois des sept aéroports de BAA permettrait néanmoins à Ferrovial de réduire son endettement. A la Bourse de Madrid, l'action Ferrovial gagnait 0,39% à 33,49 euros en début d'après-midi.

 

Plusieurs repreneurs potentiels d'aéroports de BAA ont déjà manifesté leur intérêt, comme les allemands Hochtief et Fraport. L'australien Macquarie a dit mercredi que son fonds aéroports ne participerait à aucune procédure de vente d'aéroports qui se présenterait prochainement.

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