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AFGHANISTAN - FRANCE

Sarkozy à Kaboul pour rendre hommage aux soldats français

Texte par : Marie Sophie JOUBERT
4 min

Au lendemain de la mort de dix parachutistes français de l'Otan, tués par des insurgés à l'est de Kaboul, le président français s'est rendu dans la capitale afghane pour assurer aux soldats "que la France est à leurs côtés".

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 Le président français Nicolas Sarkozy s'est rendu mercredi à Kaboul pour rendre hommage aux dix soldats français tués dans des combats contre les Taliban, et répéter aux 2 600 soldats français en Afghanistan l’importance de leur engagement.


Ce voyage en urgence devait aussi permettre au président français de s’assurer auprès de son homologue afghan, Hamid Karzaï, que le pays est toujours sous contrôle.


Accompagné du ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner et du ministre de la Défense Hervé Morin, le chef de l'Etat est arrivé tôt dans la matinée à Kaboul. Il s’est aussitôt rendu au camp Warehouse, le quartier général du commandement régional de Kaboul de la Force internationale d'assistance à la sécurité  de l'Otan, pour se recueillir devant les cercueils des dix soldats.


Les militaires du 8e régiment parachutiste d'infanterie de marine lui ont ensuite raconté l’attaque de lundi, la plus meurtrière pour l'armée française depuis 25 ans.


Une centaine d'insurgés islamistes avaient pris en embuscade une unité de reconnaissance, tuant aussitôt neuf soldats dans les rangs français, ont-ils raconté. Le dixième soldat a péri mardi dans la même zone, lorsque son véhicule blindé s'est renversé. L’embuscade a également fait des dizaines de blessés que Nicolas Sarkozy a ensuite rencontrés à l'hôpital du camp.


Le président s’est ensuite entretenu avec le général Michel Stollsteiner, commandant français des troupes internationales dans la région de Kaboul, avant de rencontrer le président afghan.


A l’ensemble de ses interlocuteurs, le chef d’Etat français a réaffirmé sa détermination à poursuivre la lutte contre le "terrorisme" aux côtés des Américains dans le pays, malgré les critiques qui enflent en France.


Fort regain de critiques  


A la veille de sa rentrée politique, Nicolas Sarkozy fait face à un drame qui touche particulièrement l’opinion publique. D’autant qu’en avril dernier, il avait choisi de renforcer la présence française en Afghanistan. Sept cent soldats supplémentaires avaient donc été envoyés sur place.


Cette décision avait alors suscité la polémique, nombreux accusaient le chef de l’Etat d’être à la botte de Washington. Aujourd’hui, bien que sa "détermination à agir en Afghanistan soit intact", il doit de nouveau essuyer les critiques.


Dans la presse française, la grande majorité des éditorialistes s’interroge sur les justifications de la présence française dans cette zone et ne se privent pas, eux aussi, de critiquer le Nicolas Sarkozy.


Le Parti socialiste quant à lui demandé une convocation d’urgence des commissions des Affaires étrangères et de la Défense du Sénat et de l’Assemblée nationale pour obtenir plus de détails sur les objectifs, le bilan et le "but de cette guerre".


"On n'a pas mis assez de moyens"


Cette guerre en Afghanistan, oppose 70 000 soldats étrangers dont près de 2 600 français aux Taliban depuis plus de 7 ans. La coalition internationale accuse près de mille pertes depuis 2001 et les insurgés gagnent du terrain.


Selon Jean-Louis Georgelin, chef d'Etat major des armées, "les Taliban ont perfectionné leur capacité à s’organiser et à manœuvrer".


"Nous avons sorti un rapport il y a deux mois qui explique que les Taliban sont aux portes de Kaboul", explique Emmanuel Reinert, expert et directeur exécutif du "Senlis Council" de Londres.


Bien qu’il soit moins bien équipé, les insurgés afghans, dont les Taliban représentent une fraction dominante, se sont étendus dans une grande moitié du pays.


Selon Emmanuel Reinert, Ils bénéficient également du soutien d'une partie de la population.


"Ils jouent à merveille deux guerres de propagandes", explique l’expert. Au niveau de la population locale, mais également "auprès des populations occidentales". Pour lui, il ne faut pas retirer les troupes françaises, mais au contraire doubler le contingent de la coalition internationale.


"Une des raisons pour laquelle les choses ont si mal tourné c’est qu’on n’a pas mis assez de moyen", affirme-t-il. "Il est temps de mettre encore plus", conclut-il sans hésitation.

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