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Carnet de route de Saint Paul

Léa Salamé est un des envoyés spéciaux de FRANCE 24 à Saint Paul, où elle couvre la convention du Parti républicain qui doit consacrer la candidature de John McCain. Posez lui vos questions en cliquant sur "Réagir".

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Retrouvez les impressions de notre envoyée spéciale à Denver, où elle a suivi la convention du Parti démocrate

 

 

 

Les républicains, désormais prêts à tout pour gagner

Jeudi 4 septembre

 

Donc, elle a parlé. Elle s'est présentée aux Américains qui ne la connaissaient pas. Et Sarah Palin a plutôt réussi son grand oral à la convention.

Souriante, une présence certaine, et un petit côté appliqué qui rappelle Ségolène Royal (c’est James André, journaliste reporteur d'images de FRANCE 24, qui m'a soufflé la judicieuse comparaison).

Sarah Palin, la désormais "America's Mum", a attaqué trois cibles : Washington et ses élites, les médias qui lui font des misères et Barack Obama, transformé en vedette narcissique qui ne pense qu'à sa propre carrière.

Le discours, solide et assez classique, a été rédigé par un ancien "speechwriter" de Bush, Matt Scully. Il l’aurait écrit avant même la nomination de Palin, et l'aurait quelque peu modifié pour le rendre "moins viril".

Mais l'intervention la plus hallucinante, celle qui a vraiment galvanisé la convention républicaine, revient à Rudy Giuliani.

L'ancien maire de New-York, héros du 11-Septembre, s'est mu en véritable porte-flingue de McCain. On sent que les républicains, remotivés par les sondages récents, sont désormais vraiment prêts à tout pour gagner, qu'ils n’ont plus aucune pudeur, aucune retenue.

Obama l'indécis, "le flip-flopper", incapable de prendre une décision, avec zéro expérience. "Il n a jamais rien gouverné, ni une ville, ni un Etat, ni une entreprise, rien, nada", a dit Giuliani. Le discours ultra-violent, ultra-virulent de Rudy s'attaque de front à Obama.

Obama, accusé de vendre l’Amérique, a ses ennemis : les Iraniens, le Hamas, les Russes. "Obama a suggéré de régler la crise géorgienne à l'ONU. Aucun de ses 300 conseillers en politique internationale ne lui a rappelé que la Russie a un droit de veto au conseil de sécurité ? La prochaine fois, Obama n'aura qu’à passer un coup de fil à McCain avant de donner son avis sur l'international".

Un discours également fondé sur la peur, sur la menace islamiste. Giuliani n’a pas hésité à jouer la carte raciale. "Barack Obama va surement trouver que Sarah Palin, une vraie Américaine, n'est pas assez cosmopolite, pas assez exotique pour lui", a-t-il affirmé.

Etonnant de voir la mutation de Giuliani en rottweiler. Plus que jamais, en politique, la fin justifie les moyens.

 

 

La polémique poursuit Palin

Mercredi 3 septembre

 

Vous avez aimé la grossesse de Bristol Palin, 17 ans et non mariée ; vous allez adorer le "Trooper-gate". C’est la nouvelle affaire qui vise la colistière de McCain, nommée depuis seulement quatre jours. Sarah Palin est accusée d'avoir abusé de son statut de gouverneur pour régler des affaires familiales.

 

En clair, lors du divorce houleux de sa sœur, elle aurait voulu obtenir le licenciement de son ancien beau-frère, un policier. Elle a réclamé sa démission au chef de la police de l’Etat de l'Alaska. Comme ce dernier a refusé d’intercéder en sa faveur, et bien Palin aurait fait virer le chef de la police.

 

Une commission enquête en ce moment en Alaska et doit rendre ses conclusions fin octobre, à une semaine de l’élection. Si ces allégations sont vraies, ce serait une véritable bombe pour le ticket McCain-Palin.


L’autre nouvelle de la journée, c’est que, avec un jour de retard, la politique est de retour à la convention républicaine, et on sent les militants très chaud pour attaquer Obama, "le plus gauchiste des sénateurs" (sic).

 

Des militants qui restent de grands fans de Georges Bush : "We love him. He was so good to our country ! Thanks to him, iraqi and afghan people live now in peace and free" (re-sic).


Des militants qui ont fait une standing ovation à Laura Bush lorsqu'elle a annoncé l'intervention de son mari avec ces mots : "Laissez-moi vous parler de l'homme que j'aime, le président des Etats-Unis".

 

 

Gustav tournera-t-il à l'avantage de McCain ? 
Lundi 1er septembre

 

Autres moeurs. Autre style. Autre parti. Après le spectacle coloré, survolté et multiculturel des démocrates à Denver, la parole est aux républicains. Et, ici à St Paul, dans le Minnesota, la plupart des délégués sont des hommes blancs autour de la cinquantaine... Côté organisation, tout est parfaitement réglé. Ça change du côté bordélique des démocrates.

Mais c'est surtout l'ambiance qui est différente. Plombée par l'ouragan Gustav, la convention peine à démarrer, même si Laura Bush et Karl Rove (l'ex-spin doctor de Bush) essayent de créer l'évènement.

La grande question qui se pose aujourd'hui, c 'est si Gustav tournera à l'avantage de John McCain... C'est en tout cas ce qu'aiment à penser et à répéter les républicains ici. Paroles de militants : "En suspendant la convention lundi, McCain montre qu'il sait prendre des décisions, qu'il prend les choses en main, et passe à l'action...", "Il montre qu'il est un dirigeant responsable et prêt à diriger notre pays... Il sera un excellent 'commander in chief'..."

Bref, à en croire les républicains, McCain est l'exact contraire de George Bush, et sa gestion désastreuse de Katrina...
L'autre avantage pour McCain, c'est qu'Obama et les démocrates devront respecter, cette semaine, une certaine retenue, et ne pas trop intervenir dans les médias... En clair, la jouer fair-play, comme les républicains l'ont relativement fait la semaine dernière...

Pour l'heure, ici à St Paul, c'est l'attente et la fébrilité. Tout le monde a les yeux rivés sur les bulletins météo.

 

 

McCain confirme sa réputation de tête brûlée
Dimanche 31 août

 

Denver, c'est fini. Barack Obama a réussi son pari en donnant de la substance et du rêve à ses supporters pendant quatre jours en attaquant, frontalement et sans nuance, son adversaire et en mettant en scène l'unité retrouvée (provisoirement ?) du parti. Cela a été une expérience vraiment incroyable pour notre petite équipe de FRANCE 24 de suivre de près cette convention. Les discours, le spectacle et les coulisses... Incroyable de pouvoir croiser les grandes stars américaines : Oprah Winfrey, très diva, entourée de ses "personal assistants", Stevie Wonder en famille ou encore John Stuart, qui présente le "Daily Show", assis derrière nous dans l’avion.

 

La parole est maintenant aux républicains. Enfin, pas sûr. A l’heure où j'écris, l'ouragan Gustav menace La Nouvelle-Orléans et la convention républicaine, qui pourrait être annulée.

 

Dommage pour Sarah Palin, la colistière de McCain, que tout le monde attend ici a St Paul. Le coup médiatique est réussi pour McCain, qui confirme sa réputation de "Maverick" (tête brûlée, imprévisible). En nommant une femme jeune, belle et dynamique, il apporte ce qui manquait cruellement à sa campagne, à savoir de l’excitation.

 

Reste à savoir ce que vaut effectivement Palin. Les critiques commencent déjà à fuser comme celle de ce sénateur républicain scandalisé par ce choix. "Palin n’est qu’une reine de beauté, sa nomination est une vaste blague. McCain est en train d’affaiblir le parti et d’utiliser les armes d’Obama. Ce n est plus de la politique, c’est du spectacle", déclare-t-il. Il y a aussi cette féministe qui estime que si McCain voulait vraiment rendre hommage aux femmes, il aurait dû choisir quelqu'un de compétent, comme Condoleezza Rice.

 

Personnellement, je n'ai pas encore d'avis sur cette femme. J’attends son discours prévu mercredi. A moins que Gustav ne soit plus fort qu'elle.

 

 

 


 

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