ART - FRANCE - ITALIE

Frédéric Mitterrand prend la tête de la Villa Médicis

Nommé au début du mois de juin par Nicolas Sarkozy à la direction de la Villa Médicis, l'écrivain et cinéaste Frédéric Mitterrand a pris officiellement ses fonctions au sein de la prestigieuse institution, aujourd'hui à Rome.

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Le journaliste et écrivain Frédéric Mitterrand a pris ses fonctions lundi à la direction de la Villa médicis, l'Académie de France à Rome, l'une des plus prestigieuses institutions culturelles françaises à l'étranger.

Le neveu de l'ancien président François Mitterrand, qui avait été nommé début juin par le président Nicolas Sarkozy, succède au scénographe Richard Peduzzi.

Frédéric Mitterrand a déclaré se rendre à Rome "avec enthousiasme", avec l'idée d'"élargir le collège des pensionnaires" et de développer les expositions notamment autour des artistes méditerranéens.

"Ce sont des réflexions, pas des décisions", a tenu à souligner l'écrivain à plusieurs reprises au cours d'un entretien vendredi avec l'AFP.

"Il y a une option forte" prise dans le sens d'une politique culturelle euro-méditerranéenne par le président de la République, relève-t-il: "La Villa Médicis doit être au coeur de cette démarche".

Frédéric Mitterrand "souhaite engager une réflexion" notamment sur "l'élargissement du collège des pensionnaires à l'espace francophone, européen et méditerranéen".

L'Académie de France à Rome, créée sous Louis XIV, accueille des artistes pensionnaires afin qu'ils se perfectionnent dans leur discipline. Pour pouvoir postuler, il faut notamment être français ou francophone. De facto, la plupart des pensionnaires sont français, déclare M. Mitterrand.

Les statuts prévoient la possibilité d'avoir jusqu'à 25 pensionnaires. "Dans la réalité, ils ne sont que 17. L'objectif pourrait être de monter à 20 ou 22", a considéré le réalisateur.

Le neveu de l'ancien président François Mitterrand pense également que "la mode doit être honorée" par la Villa Médicis et faire partie des disciplines retenues. Il s'interroge aussi sur la durée des stages des pensionnaires qui peuvent aller actuellement de six mois à deux ans. A ses yeux, "six mois, c'est trop court".

L'autre mission de la Villa Médicis est, depuis André Malraux, d'organiser des manifestations culturelles et artistiques.

Là encore, Frédéric Mitterrand compte élargir le champ de ces manifestations. Il voudrait "développer un second espace" pour des "expositions ponctuelles" qui feraient "un état de la photographie aujourd'hui", montreraient l'apport culturel des Italiens à d'autres pays. Il souhaite aussi des expositions ponctuelles faisant un "tour de la Méditerranée" pour montrer "l'état de l'art contemporain dans chacun de ces pays".

Le cinéaste voudrait "ouvrir la Villa Médicis plus largement" afin qu'elle accueille davantage de visiteurs.

"Je ne change pas les équilibres entre les différentes missions" de l'Académie de France à Rome, indique-t-il. Mais "je veux faire de la Villa Médicis un symbole vivant du rayonnement de la culture française, un instrument de la politique culturelle définie par le président de la République dans le cadre de l'Union pour la Méditerranée, de la francophonie et de l'Union européenne ainsi qu'un lieu raffermi de l'amitié franco-italienne", a-t-il dit.

Frédéric Mitterrand tient à faire connaître davantage les activités de la Villa Médicis. En ces temps de "difficultés économiques et de restrictions", il est bon, à ses yeux, que les Français comprennent que l'Académie de France à Rome a "toute sa raison d'être".

"Je tiens à ce que la télévision fasse son entrée à la Villa Médicis", pour donner un maximum d'écho au travail qui y est fait, souligne l'ancien animateur et réalisateur de télévision. Il souhaite également lancer un journal internet qui présente les travaux des pensionnaires et les diverses manifestations de la Villa.

 

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