THAÏLANDE - POLITIQUE

Le bras de fer se durcit entre le pouvoir et l'opposition

Des milliers de manifestants, en faveur ou contre le pouvoir en place, se sont affrontés à proximité du siège du gouvernement, à Bangkok. Le ministère thaïlandais de la Santé fait état d'au moins un mort et de 34 blessés.

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Lisez l'analyse de Cyril Payen, correspondant de FRANCE 24 en Thaïlande

La principale confédération syndicale en Thaïlande a appelé lundi à une grève de soutien aux manifestants qui occupent depuis près d'une semaine le siège du gouvernement à Bangkok pour forcer le départ du Premier ministre Samak Sundaravej.

La State Enterprises Workers' Relations Confederation, qui regroupe 43 syndicats et compte 200.000 membres, a appelé à des débrayages à partir de mercredi, menaçant de couper l'eau et l'électricité aux agences du gouvernement.

"Nous arrêterons (la fourniture de) services publics aux agences de l'Etat pour mettre la pression sur le gouvernement afin qu'il parte et qu'il arrête de causer des dommages au pays", a déclaré Sawit Kaoewan, secrétaire de la confédération syndicale.

Il était impossible de savoir lundi si le mouvement serait observé mais, la semaine dernière, un appel à la grève à la Thai Airways n'avait pas été suivi.

Depuis mardi dernier, des milliers de manifestants sont barricadés dans "Government House" qui abrite les bureaux du Premier ministre thaïlandais. Celui-ci a, pour l'instant, exclu le recours à la force.

Vendredi, alors que quelques heurts se produisaient entre policiers et manifestants à Bangkok, des actions de solidarité avaient été signalées ailleurs, notamment à Phuket, Krabi et Hat Yai (sud), où des groupes antigouvernementaux avaient réussi à bloquer les aéroports. Ceux-ci ont rouvert depuis.

Une petite bombe a explosé dans la nuit de dimanche à lundi près d'un poste de police dans la capitale, mais les autorités n'ont signalé que des dégâts mineurs.

Un haut responsable gouvernemental a accusé les protestataires de recourir à des "actions de guérilla" et a appelé les travailleurs du secteur public à ne pas se joindre au mouvement qui perturbe depuis jeudi le trafic ferroviaire.

Samak Sundaravej a exclu de démissionner ou de dissoudre le Parlement.

L'occupation du siège du gouvernement est organisée par l'Alliance du peuple pour la démocratie (PAD), coalition hétéroclite de militants nationalistes, royalistes et syndicaux.

La PAD accuse M. Samak d'être un "homme lige" de l'ex-Premier ministre Thaksin Shinawatra, renversé par un coup d'Etat en 2006 et réfugié en Grande-Bretagne.
 

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