CHYPRE - RÉUNIFICATION

Négociations autour de la réunification de Chypre

Le président chypriote grec et son homologue de la République turque de Chypre du Nord ont entamé des négociations visant à réunifier l'île méditerranéenne, divisée depuis 1974 par une opération militaire turque.

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Les dirigeants chypriotes grec et turc ont lancé mercredi des négociations formelles afin de jeter les bases d'une réunification de l'île, partagée depuis l'intervention militaire turque en 1974.

Le président chypriote grec, Demetris Christofias, et le président de la République turque de Chypre du Nord, Mehmet Ali Talat, se sont retrouvés dans une zone tampon séparant leur capitale, Nicosie, pour l'ouverture de discussions qui suscitent beaucoup d'espoir après des décennies d'impasse.

"Nous devons, enfin, mettre fin aux souffrances de notre peuple et réunifier le pays", a déclaré Christofias à la presse à son arrivée.

"Des rapports excellents existent à tous les niveaux", a déclaré à Reuters George Iacovou, principal collaborateur de Christofias. "Désormais, il s'agit de négocier en toute bonne foi et d'obtenir des avancées".

Demetris Christofias s'est fait élire au mois de février en promettant de mettre fin à la stratégie d'affrontement appliquée par son prédécesseur, Tassos Papadopoulos.

Cette stratégie avait abouti au rejet par référendum du projet de réunification présenté par les Nations unies en 2004.

"C'est un jour historique, une belle journée", a déclaré à Reuters Ozdil Nami, principal collaborateur de Talat. "Les deux dirigeants vont envoyer un message d'espoir à leur population (...), au monde, en déclarant qu'ils sont prêts à négocier".


Plusieurs dossiers épineux

Les deux dirigeants, tous deux considérés comme des modérés, se sont rencontrés en présence de l'ancien ministre australien des Affaires étrangères Alexander Downer, désigné émissaire de l'Onu pour Chypre en juillet.

Les discussions se tiennent dans les bâtiments de qui était auparavant le principal aéroport commercial de l'île.

Les deux parties en présence doivent aborder une liste de sujets épineux tels que la future gouvernance de l'île ou les requêtes présentées par quelque 250.000 Chypriotes spoliés de leurs biens lors de la partition.

L'un des points-clés concerne le statut des Etats fédérés. Les Chypriotes turcs, dont la sécession n'a jamais été reconnue internationalement, veulent une fusion des deux Etats souverains. Pour les Chypriotes grecs qui refusent de reconnaître une quelconque souveraineté à leurs voisins, cette perspective n'est pas envisageable.

"Cela risque de constituer un gros point d'achoppement," juge Hubert Faustmann, un spécialiste de la question chypriote.

Ces négociations s'ouvrent avec pour toile de fond l'espoir de la Turquie de pouvoir un jour intégrer l'Union européenne.

Les Chypriotes grecs, qui représentent Chypre au sein de l'UE depuis 2004, souhaitent que le problème de la partition de l'île soit réglé avant que l'on discute de l'adhésion d'Ankara à l'Europe.

"On a deux présidents qui sont les plus à même de parvenir à un accord et en Turquie un gouvernement très favorable," explique Hugh Pope, un expert de l'International Crisis Group (ICG) basé à Istanbul.
 

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