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Pour les Taliban, l’ennemi est aussi français

Deux semaines après l’attaque meurtrière contre des soldats français, un commandant taliban avertit : les Français sont tout autant des cibles que les Américains. Ses hommes, dit-il, prendront bientôt les villes afghanes.

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Le drapeau blanc qui flotte accroché à l'avant d’une voiture roulant dans la poussière est celui des Taliban. Leur convoi, voitures tout-terrain et motos conduites par des hommes masqués et armés, parcourt les montagnes de la province de Wardak, voisine de Kaboul.

Le groupe de combattants rencontré par nos correspondants en Afghanistan l’année dernière a accepté de les revoir.

Les Taliban veulent montrer qu'ils n'ont perdu ni en force, ni en motivation. "Nos hommes, si on le leur demande, sont prêts à mourir au combat, ils peuvent mettre une ceinture et se faire exploser", explique un des commandants taliban qui souhaite garder l’anonymat. Il se tient devant une vingtaine de combattants portant lance-roquettes et Kalachnikov.  "Ils sont prêts, ajoute-t-il. Prêts pour n’importe quel type de combat."

 

Attaques quotidiennes

Les Taliban multiplient leurs attaques en Afghanistan. Elles ont augmenté de moitié depuis le début de l'année par rapport à 2007. Les hommes souhaitent faire une démonstration de leur force : au milieu des montagnes, dans une zone entièrement sous leur contrôle, un coup de tonnerre résonne. Ils viennent de lancer une roquette, qui explose à l’endroit exact visé par le commandant.

Les hommes attaquent presque quotidiennement les forces afghanes et étrangères : presque un millier de soldats des forces internationales a été tué dans le conflit depuis la chute du régime des Taliban. Et les soldats français aujourd'hui très présents dans les zones de combat sont aussi considérés comme des ennemis.

Le 18 août, dix soldats français sont morts dans une attaque dans le district de Sarobi, dans la province de Kaboul, à une cinquantaine de kilomètre à l’est de la capitale.

 

"Les soldats français sont les marionnettes des Etats-Unis"

"J’aimerais dire quelque chose aux soldats français. S’ils écoutent leur gouvernement, s’ils continuent d’être les marionnettes des Etats-Unis, ils recevront encore plus d’attaques. Comme celle de Sarobi, et même encore plus violente. Ils doivent changer leur politique", explique le commandant Abu Tayeb, en charge de plusieurs provinces centrales, dont celle de Kaboul. "Cette année et l’année prochaine, nous allons faire notre maximum pour entrer dans Kaboul et pour viser les Américains et les bases de leurs alliés. Et à partir de maintenant nous déplaçons le combat des zones reculées vers les villes."

La première étape, disent-ils, est d'abord de déstabiliser les provinces voisines de Kaboul, comme dans le Wardak. L’attaque du 18 août montre que la bataille a bien commencé.

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