ANGOLA - LÉGISLATIVES

Une campagne "libre et équitable"

Les observateurs internationaux saluent les conditions dans lesquelles se déroule la campagne électorale. Les législatives prévues le 5 septembre, les premières depuis 16 ans, suscitent énormément d'espoir dans les rangs de l’opposition.

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Voir aussi les reportage de Caroline Dumay et Stefan Carstens :
"Le parti au pouvoir en Angola espère la victoire" 
"Les législatives suscitent l'espoir de l'opposition angolaise"

 

 

La campagne électorale officielle avait disparu jeudi des rues de Luanda, pour une journée de "réflexion" la veille des premières législatives organisées en temps de paix en Angola.

"Journée de réflexion", appelait en Une le Jornal de Angola (quotidien d'Etat), exhortant les huit millions d'électeurs à exercer leur droit de vote vendredi.

"Le monde a les yeux fixés sur l'Angola (...) L'Angola incarne l'espoir de réhabilitation politique et de démocratie sur notre continent" après les violences électorales au Kenya et au Zimbabwe, écrivait-il.

Bus et scooters de campagne ont été remisés mais, dans la tentaculaire métropole de cinq millions d'habitants, les couleurs du Mouvement populaire pour la Libération de l'Angola (MPLA) flottaient toujours.

Des hommes avec des T-shirts à la gloire du parti au pouvoir, des voitures avec des drapeaux du MPLA ou encore les nombreuses affiches électorales témoignaient encore de l'omniprésence du parti.

Les dernières élections générales, tenues en 1992 lors d'une pause dans la guerre civile qui ravageait l'Angola depuis l'indépendance en 1975, n'avaient pu s'achever à cause de la reprise des combats.

Les rebelles de l'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (Unita), aujourd'hui principal parti d'opposition, en avaient rejeté les résultats, qui les donnaient perdants. Et la guerre civile avait repris de plus belle, pour ne s'achever qu'en 2002 après la mort du chef de l'Unita, Jonas Savimbi.

Ces violences passées, qui ont trouvé un écho récent dans les crises post-électorales au Kenya en décembre 2007 puis au Zimbabwe depuis mars, sont présentes dans tous les esprits.

La campagne a été paisible et les 1.200 observateurs internationaux et nationaux n'ont relevé que quelques incidents isolés de violence.

"J'ai été très impressionnée par le fait que tous les partis ont appelé à ce que la campagne soit tolérante et défendu la liberté d'expression et le droit de choisir", a déclaré mercredi à l'AFP l'eurodéputée italienne Luisa Morgantini.

Toutefois, les médias d'Etat ont "très clairement accordé davantage de place au parti au pouvoir", a souligné la chef de mission des observateurs de l'Union européenne (UE).

Jeudi, pour la première fois depuis des semaines, le visage du chef de l'Etat José Eduardo dos Santos, au pouvoir depuis 29 ans, n'apparaissait pas en première page du Jornal de Angola.

La télévision d'Etat s'abstenait de vanter les mérites de l'action gouvernementale et expliquait à une population largement illettrée comment voter.

La campagne électorale s'était terminée mercredi sur une véritable démonstration de force du MPLA, qui a rassemblé des dizaines de milliers de militants pour un show à l'américaine dans le nord de Luanda.

Le chef de l'Etat, pour lequel ces législatives ont valeur de test avant un scrutin présidentiel prévu dans un an, a laissé entrevoir un remaniement ministériel: "Pour changer les politiques publiques qui n'ont pas fonctionné (...) nous devons juste changer les membres de l'équipe qui sont mauvais".

Les deux tiers de la population vivent sous le seuil de pauvreté, alors que l'Angola, premier producteur de pétrole du continent avec le Nigeria, enregistre une croissance record, de plus de 20% en 2008, selon la Banque mondiale.

Le gouvernement publie depuis peu ses revenus mais l'opacité règne sur les dépenses publiques, officiellement consacrées à la reconstruction des infrastructures dévastées par 27 années de guerre.

"Notre pays est riche mais nous n'en bénéficions pas", indiquait jeudi à l'AFP un laveur de voitures de 22 ans, Pai Bando. "L'élite prend tout l'argent du pétrole et des diamants".

Pourtant, Pai va voter MPLA, comme beaucoup d'autres critiques du gouvernement. Car "seul le MPLA est assez fort pour imposer un changement".

 

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