MEXIQUE - CRIMINALITÉ

La violence responsable de 3 000 morts au Mexique depuis janvier

La criminalité liée aux narcotraficants a fait plus de 3 000 morts depuis le début de l'année. En huit mois, le pays a enregistré davantage de victimes que durant l'année 2007. Une situation qui inquiète le gouvernement de Felipe Calderon.

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La violence au Mexique, liée à la lutte entre cartels de narcotraficants et aux enlèvements, a fait plus de 3.000 morts depuis le début de 2008, davantage que pour la totalité de 2007, et ébranle la cohésion du gouvernement du président Felipe Calderon.

La démission "irrévocable", en début de semaine, du secrétaire exécutif du Système national de sécurité, Roberto Campa, un des hommes-clé de la stratégie du président conservateur Felipe Calderon contre le crime organisé, est intervenue au sommet d'une vague d'enlèvements, et d'assassinats spectaculaires dans les milieux du trafic de drogue.

Les Mexicains ont manifesté en masse le 30 août contre la criminalité, le "narcotrafic", les enlèvements et la corruption policière, dans une "Marche blanche" suivie à travers le pays et qui a conduit 200.000 personnes dans les rues de la capitale.

Des marches similaires avaient rassemblé plusieurs centaines de milliers de manifestants dans la capitale en 1997 et en 2004.

Les Mexicains avaient vivement réagi à l'enlèvement et l'assassinat du petit Fernando Marti, 14 ans, fils d'un des propriétaires de la plus grande chaîne de magasins de sports au Mexique. Son corps avait été retrouvé le 1er août, et l'enquête avait conduit à l'arrestation de policiers.

L'opinion avait également été frappée, deux jours avant la "Marche", par la découverte de 12 corps décapités, entassés les uns sur les autres: des délinquants, identifiés par la suite.

Les manifestants de la "Marche" réclamaient "la fin de l'impunité" dont les criminels bénéficient trop souvent selon eux. Ils dénonçaient le manque d'efficacité des autorités mexicaines, qui se renvoient la balle entre le président Calderon et le maire de gauche de Mexico, Marcelo Ebrard.

Le ministre de l'Intérieur, Juan Camilo Mourino, a reconnu l'existence de "différences normales" au sein du cabinet, dont il fait partie avec le secrétaire à la Sécurité et le Procureur général de la République.

La violence, liée essentiellement au trafic de drogue, a déjà fait plus de 3.000 morts au Mexique depuis le début de 2008, davantage que pour l'ensemble de 2007. Et en particulier dans l'Etat de Chihuahua (nord), zone de transit pour le marché des Etats-Unis.

Un "narcotunnel" de 140 m de long a été découvert mardi à 60 m de la frontière américaine à Mexicali, dans l'Etat de Basse Californie du nord.

Ciudad Juarez, ville frontalière avec les Etats-Unis, est le théâtre sanglant de la guerre entre les deux grands cartels, de Juarez et de Sinaloa, qui se disputent le contrôle de ce "couloir" vers le marché américain: près de 1.000 morts depuis janvier 2008.

Les enlèvements contre rançon sont devenus monnaie courante au Mexique: plus de 400 depuis le début de 2008, alors qu'on en avait compté 438 pour l'ensemble de 2007.

Le président Calderon, au pouvoir depuis décembre 2006, a pourtant déployé plus de 36.000 militaires et policiers dans le pays, dont 2.500 au moins à Ciudad Juarez.

Il a annoncé un bilan, entre septembre 2007 et juin 2008, de 22.000 arrestations de suspects d'appartenance au crime organisé. Plus de 100 policiers et près de 70 militaires ont été tués en intervention, a-t-il souligné.

Un "pacte national de sécurité" a été signé le 21 août à l'issue d'un "sommet" entre les trois pouvoirs, exécutif, législatif et judiciaire, et des représentants de la société civile. Il prévoit une purge dans la police et des condamnations plus lourdes pour les ravisseurs.

La violence a, enfin, des incidences sur l'économie: "selon des estimations, l'insécurité accroît de 5% à 10% le coût de fonctionnement des entreprises", a déclaré le ministre les Finances, Agustin Carstens.

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