SOCIAL - AÉRONAUTIQUE

Vote massif en faveur de la grève chez Boeing

Quelque 87 % des votants ont approuvé le principe d'une grève chez Boeing à la suite du rejet, par le principal syndicat, de la proposition de convention collective. Le mouvement doit débuter ce vendredi si aucun accord n'a été trouvé.

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Lire aussi l'analyse de Gwladys Savery, "Piquet de grève chez Boeing".

 

 

Le principal syndicat de Boeing a annoncé que ses membres avaient rejeté la proposition de convention collective de la direction et massivement voté la grève, mais le début du mouvement a été retardé de 48 heures pour donner un délai supplémentaire aux négociations. La direction de l'International Association of Machinists (IAM) a précisé que le mot d'ordre de grève, qui devait initialement s'appliquer dès minuit mercredi, avait été approuvé par 87% des votants.
 

Faute d'accord d'ici vendredi sur une nouvelle convention valable trois ans, près de 27.000 salariés de Boeing cesseront le travail, mettant à l'arrêt les lignes d'assemblage des avions du groupe et menaçant celui-ci de pertes susceptibles d'atteindre 100 millions de dollars par jour.


La direction de Boeing s'est déclarée déçue du rejet de ses propositions, assurant avoir proposé aux représentants salariés les meilleures conditions de salaires et de protection sociale du secteur aéronautique.

"Nous devons continuer de discuter pour voir si le fossé peut être comblé", a déclaré Doug Knight, vice-précident du groupe chargé des négociations. "Notre tâche, pour l'instant, consiste à écouter le syndicat."


Une grève serait la quatrième en 20 ans déclenchée par l'IAM, implanté principalement dans les usines d'avions de ligne de Boeing de la région de Seattle.


Le délai supplémentaire de 48 heures accordé à la négociation a été accepté par la direction et le syndicat à la demande de médiateurs fédéraux.

Les dernières propositions de Boeing, présentées comme "définitives", prévoient une hausse de 5% des salaires la première année et de 3% pour chacune des deux suivantes.


Elles promettaient aussi une prime exceptionnelle représentant 6% du salaire et un bonus additionnel de 2.500 dollars si la convention était signée dès mercredi.
 

L'IAM de son côté, reproche notamment à la direction de vouloir réduire la couverture santé assurée par le groupe et d'ignorer les problèmes liées à la sécurité et à l'externalisation de la production.


Pour Richard Aboulafia, consultant spécialisé du cabinet Teal Group, l'ampleur du vote en faveur de la grève "garantit pratiquement que Boeing devra payer plus et qu'il va souffrir".
 

La dernière grève chez Boeing remonte à 2005; elle avait alors duré 28 jours, après lesquels une convention collective avait été adoptée par défaut, le rejet des propositions de la direction n'ayant pas été assez massif pour permettre la poursuite du mouvement.

En 1995, les membres de l'IAM avaient cessé le travail pendant 69 jours.

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