ANGOLA

Le parti au pouvoir favori aux législatives

L'Angola tient ses premières élections depuis la fin de la guerre civile en 2002. Un scrutin historique malgré les différents couacs observés à Luanda, la capitale, par la mission de l'Union européenne (UE).

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Voir aussi les reportages de Caroline Dumay et Stefan Carstens :
"Le parti au pouvoir en Angola espère la victoire" 
"Les législatives suscitent l'espoir de l'opposition angolaise"

 

 

 

Il s’agit de la première élection en Angola depuis 1992. Les citoyens de ce pays du sud-est africain doivent élire 220 députés, alors qu’ils n’ont connu, en 29 ans, qu’un seul chef de l’Etat, José Eduardo dos Santos, et qu’ils sont régis, depuis l’indépendance en 1975, par le même parti au pouvoir, le Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA).

 

 

En ce vendredi, décrété férié par le gouvernement, les bureaux de vote ont ouvert avec deux heures de retard à Luanda, la capitale. Le matériel n’était pas prêt. La mission d'observateurs de l'Union européenne (UE) alerte sur une situation qu’elle juge "désastreuse" dans les bureaux de vote de la capitale. Mais selon Caroline Dumay, envoyée spéciale de FRANCE 24 dans la capitale angolaise, "les électeurs angolais ont attendu 16 ans pour voter. Ceux qui ont moins de 34 ans n’ont jamais voté. Ils attendront donc quelques heures de plus… Ça ne pose pas vraiment de problème."

 

 

L’issue du scrutin est pourtant sans grand suspens. D’après la mission de l’UE, le MPLA a fait une utilisation massive des médias d'Etat, consacrant une couverture quotidienne aux activités du président. Selon le parti d'opposition, l’Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (Unita), le MPLA aurait même utilisé l'argent public à des fins de campagne. "Cette campagne a été très inégale, témoigne Caroline Dumay. Le parti au pouvoir a énormément d’argent et un immense matériel de propagande."

 

 

 

En plein boom pétrolier

 

 

 

 

L’élection fait l’objet de toute l’attention de la communauté internationale. "Les enjeux sont énormes, rappelle Caroline Dumay. L’Angola est en plein boom pétrolier avec une production quotidienne de 2 millions de barils. On s’attend à ce que la quantité d’extraction d’or noir dépasse celle du Koweït d’ici à trois ans. Ce pays connaît le plus fort taux de croissance au monde." L’Angola a enregistré une croissance de plus de 20 % durant la première moitié de l’année 2008.

 

 

Or la majorité des quelque 16 millions d'Angolais vivent en dessous du seuil de pauvreté, dans ce pays également riche en diamants. Le vote de la population la plus pauvre pourrait justement faire basculer le scrutin. Ou du moins, empêcher le MPLA d’obtenir la majorité des deux tiers au Parlement, nécessaire pour modifier la Constitution.

 

 

Le gouvernement au pouvoir a fait de gros efforts dernièrement pour reconstruire routes et autres infrastructures de transport, après une guerre civile qui a duré 27 ans et a fait 500 000 morts. Aujourd’hui, le plus gros investisseur dans le pays est le Chine. La France souhaite également tirer son épingle du jeu économique, et a envoyé une délégation de chefs d’entreprise aux côtés de Nicolas Sarkozy pour une visite à Luanda, en mai dernier. "Le MPLA veut obtenir un blanc-seing démocratique pour rassurer les investisseurs étrangers et montrer ainsi sa bonne volonté", estime Caroline Dumay.

 

 

Les résultats des législatives ne devraient pas être connus avant une semaine. L'élection présidentielle, elle, est annoncée pour l'année prochaine.
 

 

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