CANADA

Le Premier ministre canadien demande des législatives anticipées

Stephen Harper, Premier ministre canadien, va demander la dissolution de la Chambre des communes à la gouverneure générale Michaëlle Jean, entraînant la tenue d'élections législatives anticipées. Objectif : garder la main.

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Le Premier ministre canadien Stephen Harper va déclencher dimanche le processus menant à des élections législatives anticipées le 14 octobre, avec de bonnes chances d'être reconduit au pouvoir selon les derniers sondages.

M. Harper se rendra dimanche matin chez la gouverneure générale du Canada Michaëlle Jean pour lui demander de dissoudre la Chambre en prévision d'un scrutin le 14 octobre, a confirmé vendredi un de ses porte-parole.

Le conservateur Stephen Harper est à la tête d'un gouvernement minoritaire depuis sa victoire aux élections de janvier 2006. Les élections du mois prochain seront les troisièmes en un peu plus de quatre ans.

Les derniers sondages accordent aux conservateurs une avance pouvant aller jusqu'à 10 points sur leurs principaux rivaux, le parti libéral, mais pas tout à fait assez pour obtenir une majorité à la Chambre des Communes.

Le chef d'un des partis d'opposition, Gilles Duceppe du Bloc Québécois (indépendantiste), a toutefois lancé un cri d'alarme, estimant que les conservateurs étaient proches d'une majorité qui leur permettrait de gouverner à leur guise.

"M. Harper veut un gouvernement majoritaire et il ne faut pas se leurrer. Une majorité est à sa portée", a-t-il déclaré en affirmant que son parti était le seul à pouvoir l'en empêcher.

Il a aussi accusé M. Harper de "violer sa propre loi". Le Premier ministre a fait adopter par le parlement une loi prévoyant que les législatives auraient désormais lieu à date fixe.

Les prochaines étaient normalement prévues en octobre 2009. Mais M. Harper a fait valoir récemment qu'un scrutin était nécessaire tout de suite à cause de l'obstruction de l'opposition au parlement, ce que celle-ci dément.

Pour Stéphane Dion, chef du parti libéral, la principale formation d'opposition, la raison est tout autre: "il ne veut pas que les Canadiens aient le temps de constater qu'il est mal préparé à faire face à la situation économique", a-t-il dit.

La croissance a jusqu'ici été anémique cette année, le Canada ayant flirté avec la récession, alors que le secteur manufacturier des provinces les plus peuplées, l'Ontario et le Québec, a été touché de plein fouet.

Pierre Martin, professeur de sciences politiques à l'université de Montréal, estime qu'outre les sondages favorables, l'élection présidentielle américaine pèse aussi dans la décision de M. Harper. Celui-ci peut craindre qu'après une victoire du démocrate Barack Obama, les électeurs canadiens soient moins enclins à réélire un gouvernement conservateur jugé proche de George W. Bush.

M. Dion ne se prive pas d'enfoncer ce clou, présentant M. Harper comme le Premier ministre "le plus à droite de l'histoire" canadienne, qui veut "donner à George W. Bush un troisième mandat, au Canada".

De leur côté, les conservateurs ont identifié leur cible principale dans le programme libéral: une taxe sur le carbone visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre et censée être "fiscalement neutre", un pari risqué dans une période de prix élevés de l'énergie. Pour les conservateurs, ce projet "mal ficelé" fait courir un risque à l'économie canadienne.

Ils ne manqueront pas non plus de brocarder personnellement M. Dion qu'ils présentent régulièrement comme un leader faible et hésitant dans leurs publicités télévisées.

La campagne s'annonce ardue pour le leader libéral qui peine à s'imposer comme une alternative crédible à M. Harper. Les derniers sondages le placent systématiquement en troisième position, loin derrière Stephen Harper, quand il s'agit de savoir qui ferait le meilleur Premier ministre.
  

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