POLITIQUE

L'unité, mot d'ordre de l'université d'été de l'UMP

Alors que l'éventuelle succession de Patrick Devedjian à la tête de l'UMP fait l'objet de toutes les spéculations, le parti qui a porté Nicolas Sarkozy au pouvoir veut profiter de son université d'été à Royan pour afficher son "unité".

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L'UMP veut faire de son université d'été, ce week-end à Royan, une "démonstration d'unité" face aux "divisions" du PS, même si sont relancées les spéculations sur un nouveau remaniement de la direction tenue par le tandem Devedjian-Raffarin.

Alors que la porte-parole, Chantal Brunel, évoquait lundi le "déballage d'ambitions personnelles" socialistes à La Rochelle, le secrétaire général Patrick Devedjian a assuré mercredi: "l'unité chez nous, est réelle, bien sûr", après avoir ironisé sur "les appétits" autour de son départ éventuel.

M. Devedjian, dont le départ prochain est régulièrement annoncé dans la presse depuis l'échec des municipales et cantonales, s'exprimait en marge de la présentation de l'université d'été, qui est cette année rebaptisée "campus", et mettra en avant la nouvelle génération des militants UMP. Le ministre du Travail Xavier Bertrand, promu secrétaire général adjoint lors d'un difficile remaniement de la direction après la défaite électorale de mars, a souhaité mercredi que les jeunes de l'UMP soient "porteurs d'un message d'unité".

Comme chez les seniors du parti, le renouvellement de l'équipe dirigeante des "Jeunes populaires" qui revendiquent 30.000 adhérents (contre 40.000 en 2007) avait suscité cet été de fortes tensions. Plusieurs, au sein du mouvement, comme Coralie Dupoux, démissionnaire du bureau national sortant, avaient dénoncé les "magouilles" et les "pressions" des "ténors" pour imposer Benjamin Lancar, face au tandem formé par Mathieu Guillemin et Aurore Bergé, qui ont finalement rejoint la nouvelle équipe dirigeante.

"Il y avait des rivalités de projets, et on a plutôt parlé du quoi que du qui", minimise aujourd'hui Benjamin Lancar, 23 ans, étudiant à HEC, qui prendra officiellement ses fonctions de président vendredi, à l'ouverture des travaux de Royan.

Mais à quelques jours de ce rendez-vous, la question d'une refonte de l'organigramme des seniors est à nouveau posée, d'autant que les adhésions marquent le pas depuis le début de l'année: l'UMP revendique aujourd'hui 210.000 adhérents, contre 370.000 fin 2007. "Il faut comparer une année sur l'autre" et attendre fin 2008, a corrigé mercredi Patrick Devedjian, même s'il juge "vraisemblable" que l'UMP comptera "moins d'adhérents qu'en 2007", année d'élection présidentielle "extrêmement mobilisatrice".

Les spéculations vont bon train sur son éventuelle succcession, d'autant que sa gestion solitaire est critiquée depuis des mois.

Le sénateur de la Vienne, Jean-Pierre Raffarin, a d'ores et déjà fait savoir qu'il quitterait la vice-présidence du Conseil national, qu'il soit ou non élu à la présidence du Sénat, après le renouvellement d'un tiers de la Haute assemblée.

A ce départ pourrait s'ajouter celui du secrétaire général. A des journalistes qui l'interrogeaient sur ses relations "tendues" avec Nicolas Sarkozy évoquées par les médias, M. Devedjian a cependant déclaré mercredi: "Vous avez tort d'écouter les ragots. Ce ne sont pas les ragots qui font mes relations avec le président."

Si Nicolas Sarkozy me demande de partir, "je partirai dans les minutes qui suivront. Ca peut vous démontrer qu'il n'y a pas de problème entre lui et moi", a-t-il répondu. Le nom de Brice Hortefeux, ministre de l'Immigration, proche de Nicolas Sarkozy, est souvent cité pour jouer un rôle de poids à l'UMP, voire prendre la succession de M. Devedjian.

Mais, explique une source gouvernementale, "la vice-présidence du parti serait plus compatible avec ses fonctions ministérielles".

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