ANGOLA - LÉGISLATIVES

Les bureaux de vote ferment, l'opposition critique le scrutin

Les derniers bureaux de vote ont fermé leurs portes. L'Afrique australe a jugé le scrutin "crédible et transparent". L'opposition dénonce, de son côté, de graves dysfonctionnements et intente un recours en annulation.

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"Le parti au pouvoir en Angola espère la victoire" 
"Les législatives suscitent l'espoir de l'opposition angolaise"


  

Le parti du président angolais Jose Eduardo Dos Santos a proclamé, avant même les résultats officiels, sa large victoire aux élections législatives de vendredi et samedi en Angola, les premières depuis la fin de la guerre civile en 2002.

Les résultats partiels du scrutin, clos à 19h00 (18h00 GMT), "vont au delà des attentes" du parti au pouvoir depuis l'indépendance de l'ancienne colonie portugaise en 1975, a déclaré le directeur de l'information du Mouvement populaire pour la libération de l'Angola (MPLA), Rui Falcao.

"D'après ce que nous savons à cette heure (à 18H00, 17h00 GMT), alors que le dépouillement des résultats en province est pratiquement achevé (...), nous allons largement gagner", a affirmé M. Falcao à l'agence de presse portugaise Lusa.

"La victoire n'est pas en question, seulement l'obtention de la majorité qualifiée", a-t-il assuré. S'il obtient les deux tiers des 220 sièges de députés, le MPLA sera en mesure de modifier la Constitution.

Le recours en annulation intenté par l'opposition devant la Cour constitutionnelle, qui dénonce de graves dysfonctionnements dans l'organisation du scrutin à Luanda, illustre le "désespoir de la défaite", a-t-il lancé.

Selon l'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (Unita, opposition), les retards de déploiement du matériel, l'absence de listes électorales et le manque de bulletins de vote qui ont entravé vendredi le scrutin ont rendu les élections "illégales".

La Commission nationale électorale (CNE) avait rouvert samedi pour une deuxième journée 320 bureaux de vote de la tentaculaire capitale, afin de donner une nouvelle chance à ceux qui n'avaient pu voter la veille.

De nouveaux retards, liés notamment à l'absence de bulletins de vote, sont encore venus perturber la reprise du scrutin, ont constaté les observateurs de l'Union européenne et de l'Union africaine.

Faute de listes d'émargement, les agents électoraux ont eu recours à de l'encre indélébile pour marquer la main des électeurs qui avaient pu glisser leur bulletin dans une urne.

Luisa Morgantini, la chef de la mission d'observation de l'UE, s'est montrée très réservée après un entretien samedi avec la Commission électorale.

"Nous avons posé des questions sur ce que nous avons constaté dans certains bureaux de vote, les dysfonctionnements, les retards", a-t-elle déclaré devant la presse. "Il semble que la CNE y travaille et nous verrons ce qui se passe".

L'UE a retardé à lundi son rapport définitif sur ces élections. Celles-ci ont valeur de test pour M. Dos Santos, 66 ans dont 29 au pouvoir, avant la présidentielle prévue l'année prochaine.

L'Afrique australe n'a quant à elle pas attendu pour affirmer, dans des conclusions préliminaires, que le processus électoral avait été "crédible et transparent".

La Communauté de développement d'Afrique australe (SADC, 15 pays dont l'Angola), a toutefois reconnu que "les retards pris à l'ouverture du scrutin dans certains bureaux de vote (...) auraient pu pousser des électeurs enthousiastes à renoncer à voter".

Selon l'Unita, le fait que les problèmes logistiques n'aient affecté que les quartiers pauvres de Luanda, où s'entassent 90% des cinq à sept millions d'habitants, relève d'une tactique délibérée "pour encourager l'abstention" là où le vote pro-gouvernemental n'est pas acquis.

Les deux tiers des 16 millions d'Angolais vivent avec moins de deux dollars par jour, dans un pays qui dispute au Nigeria la place de premier producteur de pétrole d'Afrique.

Les précédentes élections, organisées en 1992 lors d'une trêve dans la guerre civile, avaient débouché sur une reprise des combats, les rebelles de l'Unita en rejetant le résultat. Le conflit, qui les a opposés pendant 27 ans au MPLA, a fait plus d'un demi-million de morts.

 

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