TUNISIE - ÉTATS-UNIS

L'antiterrorisme au cœur de la visite de Rice en Tunisie

Après une visite historique en Libye, la secrétaire d'état américaine Condoleezza Rice est à Tunis, seconde étape de sa tournée au Maghreb. C'est la première visite d'un chef de la diplomatie américaine en Tunisie depuis 2003.

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La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a parlé samedi avec le président Zine El Abidine Ben Ali d'une accélération des réformes politiques en Tunisie et de la lutte antiterroriste lors d'une visite à Tunis, deuxième étape d'une tournée au Maghreb, a constaté une journaliste de l'AFP.

"Nous avons discuté d'affaires internes ici en Tunisie, du rythme des réformes", a-t-elle déclaré à la presse, affirmant avoir eu une "discussion très bonne et intense".

"Nous sommes de bons amis et nous pouvons (à ce titre) avoir de très bonnes et intenses discussions sur des questions de politique interne et externe. Et c'est comme cela que cela s'est passé", a-t-elle ajouté à l'issue de son entrevue avec le chef de l'Etat tunisien au palais présidentiel de Carthage.

Elle s'est également félicitée du progrès social en Tunisie. "Je tiens à souligner que j'ai parlé du rôle extraordinaire joué par les femmes en Tunisie. Les femmes ont accompli un grand progrès ici", a-t-elle lancé.

La secrétaire d'Etat américaine a en outre indiqué avoir fait part à M. Ben Ali des entretiens qu'elle avait eus la veille avec le dirigeant libyen Mouammar Khadafi, lors d'une visite historique à Tripoli.

Après la Libye et la Tunisie, Mme Rice doit se rendre en Algérie et au Maroc.

"Nous avons bien évidemment examiné la conjoncture ici dans la région en ce qui concerne la sécurité et la lutte contre le terrorisme", a-t-elle indiqué.

La situation en Mauritanie a été aussi évoquée avec M. Ben Ali, notamment après le coup d'Etat militaire survenu en août dans ce pays.

La secrétaire d'Etat américaine devait encore rencontrer son homologue tunisien Abdelawaheb Abdallah, une visite prévue au cimetière américain en hommage aux soldats tombés durant la Seconde guerre mondiale ayant été annulée.

Selon l'entourage de Mme Rice, les situations des Tunisiens détenus à Guantanamo et de ceux qui ont déjà été livrés par Washington aux autorités tunisiennes devaient par ailleurs être évoquées par la secrétaire d'Etat.

Deux anciens détenus, Abdallah Hajji et Lotfi Lagha, ont été livrés et condamnés l'an dernier en Tunisie, dix autres se trouvent encore à Guantanamo.

Les associations américaine Human Rights Watch (HRW) et britannique Reprieve ont exprimé des craintes de mauvais traitements contre ces détenus, mais Tunis a régulièrement réfuté des "allégations sans fondement".

Cette visite intervient dans un contexte de menace terroriste contre la secrétaire d'Etat américaine, qu'un jihadiste a appelé à assassiner durant son périple au Maghreb.

Cette tournée offre "une occasion unique pour la tuer avant la fin de son mandat de secrétaire d'Etat", écrivait ce jihadiste dans un appel lancé sur un site internet islamiste à la branche maghrébine d'Al-Qaïda.

La lutte contre le terrorisme devrait dominer les entretiens de Mme Rice en Algérie, où Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI - ex-Groupe salafiste pour la prédication et le combat, GSPC) est active.

Mme Rice arrivée dans la nuit de vendredi à samedi en provenance de Tripoli, devait décoller pour Alger samedi après-midi.
 

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