ÉGYPTE

Des rocs de plusieurs tonnes s'effondrent sur un quartier du Caire

Des dizaines d'habitations d'un bidonville du Caire ont été détruites par un éboulement. Au moins 24 personnes ont péri, et 36 ont été blessées. "On estime que 500 personnes pourraient être ensevelies", a affirmé notre correspondant.

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Au moins 24 personnes ont été tuées samedi lorsque d'énormes blocs de pierre se sont détachés d'une colline et se sont écrasés sur un quartier déshérité du Caire, où des dizaines d'habitants se trouveraient encore sous les décombres.

Une quarantaine d'habitations en briques du quartier périphérique densément peuplé de Manshiyet Nasser, au nord-est du Caire, ont été ensevelies par ces blocs qui se sont détachés de la colline du Moqattam vers 08H50 (06H50 GMT).

Selon les services d'urgence, 24 corps ont été dégagés des ruines, dont deux juste avant l'iftar, le repas de rupture du jeûne du ramadan, vers 18h15 (16H15 GMT), alors que les opérations de secours se poursuivaient de nuit. Au moins 36 personnes ont également été blessées.

Sarghali Gharib, un habitant de la zone sinistrée, a dit avoir perdu huit membres de sa famille, dont ses cinq soeurs.

"C'était horrible, comme un tremblement de terre, il y avait déjà eu des éboulements, et le gouvernement n'a rien fait pour évacuer ce quartier", raconte-t-il à l'AFP, au milieu des gravats.

L'effondrement d'un pan de la colline, sur 15 mètres de hauteur et 60 mètres de largeur, s'est produit à une heure où beaucoup d'habitants dormaient encore, en ce jour de week-end et début de ramadan.

Le bilan de 24 morts risquait de s'alourdir, un député, Haidar Bardadi, ayant estimé qu'entre 150 et 200 personnes se trouvaient coincées sous les décombres.

Selon un communiqué du ministère de l'Intérieur, cette zone sinistrée, appelée Isbat bekhit, devait être totalement évacuée d'ici quatre semaines, après le ramadan, en raison des risques d'éboulement.

Pendant plusieurs heures, les équipes de secours ont mené leurs opérations avec seulement l'aide de pelles ou de quelques chiens policiers, provoquant la colère des résidents qui ont dénoncé l'incurie des autorités.

Un responsable des services de secours a admis que les opérations avaient été très lentes faute de moyens. L'armée a acheminé sur place deux grues en début d'après-midi.

Mais très vite, la police anti-émeutes avait bouclé la zone sinistrée dans un climat de forte tension, alors que le gouverneur du Caire Abdelazim Wazir s'est rendu rapidement sur les lieux du drame.

Plusieurs témoins ont accusé les autorités de négligence, affirmant que des travaux avaient lieu depuis plusieurs semaines sur la colline et que les autorités avaient été alertées.

"Il y avait eu déjà des éboulements, faisant des blessés légers", s'indigne Abdel Latin Hossam, un chauffeur de 42 ans, dont la maison a été épargnée.

Selon Jamal Badr, 32 ans, dont la maison s'est effondrée, "cela faisait deux ans qu'on avait alerté les autorités que cela allait nous tomber dessus, aujourd'hui le drame est arrivé".

La plupart des habitations en briques et petits ateliers de ce quartier dit "informel" car il échappe à toute réglementation, comprennent deux étages. Certaines ont trois ou quatre étages maximum.

La masse désertique du Moqattam est faite d'escarpement calcaire. De très nombreux quartiers informels se sont nichés à son pied, le long du principal périphérique de la métropole.

C'est ici que sont établis les "zabbalin", chiffoniers, majoritairement coptes, qui ramassent et trient dans des conditions extrêmement dures toutes les ordures du Caire, où vivent quelque 20 millions de personnes.

L'effondrement de maisons et d'immeubles est fréquent en Egypte, où de nombreux bâtiments ont été construits sans autorisation.

En décembre 2007, 35 personnes sont mortes dans l'effondrement d'un immeuble de 12 étages à Alexandrie (nord).

L'explosion démographique, avec trois naissances par minute, l'absence de planification urbaine et une corruption jugée endémique a entraîné un développement anarchique de quartiers construits hors de règles de sécurité.
 

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