MOSTRA DE VENISE

Suspense à Venise à l'heure de la cérémonie de clôture

Le suspense reste entier, à quelques heures de la cérémonie de clôture de la 65e Mostra de Venise. Le Lion d'or pourrait aller à l'Américain Darren Aronofsky, au terme d'un festival critiqué pour la qualité inégale des films présentés.

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Trois films étaient favoris samedi pour le Lion d'or de la 65e Mostra de Venise, "Teza" de l'Ethiopien Haile Gerima, "The Hurt Locker" de l'Américaine Kathryn Bigelow, et le dernier dessin animé du Japonais Hayao Miyazaki, au terme d'une compétition très inégale.

Une courageuse fresque politique éthiopienne qui devrait plaire au président du jury, le cinéaste allemand Wim Wenders, un tonitruant film sur la guerre en Irak, et une fable poétique sur l'océan, "Ponyo on the cliff by the sea": les films plébiscités par la presse italienne ne pouvaient pas être plus divers.

Mais, au-delà des palmarès établis par les uns et les autres, c'est "The Wrestler" de l'Américain Darren Aronofsky, qui a reçu l'accueil le plus enthousiaste, tant de la part de la critique que du public.

Il pourrait bien figurer très haut dans le palmarès.

Ex-star des années 80 au passé tumultueux, Mickey Rourke, bientôt 52 ans, était grand favori pour la Coupe Volpi du meilleur acteur: il a bouleversé dans "The Wrestler", où il joue un vieux catcheur abîmé par les combats.

Seul l'Italien Silvio Orlando, père déchiré par l'incarcération de sa fille homicide dans "Il papa di Giovanna", était cité comme concurrent sérieux.

Le rituel suspense des dernières heures régnait donc sur le Lido, avant la cérémonie prévue à 17h00 GMT au Palais du cinéma.

Côté féminin, la compétition semblait plus ouverte, entre la Française Dominique Blanc, femme jalouse jusqu'à la folie dans "L'Autre" de Pierre Trividic et Patrick Mario Bernard, l'Américaine Anne Hathaway, ex-droguée dans "Rachel getting married" de Jonathan Demme, et l'Italienne Isabella Ferrari, l'épouse d'un homme violent dans "Un giorno perfetto" de Ferzan Özpetek.

Samedi, les critiques continuaient à fuser, visant les 21 films en compétition à la Mostra 2008 dont le sélectionneur, Marco Müller, entame un deuxième mandat de quatre ans.

"Jamais auparavant, la diversité des valeurs et des styles représentés dans la compétition vénitienne n'aura suscité autant d'opposition et de critiques", constate Paolo Mereghetti, le critique du Corriere della Sera, dans une tribune publiée par Ciak, le magazine du festival.

Cette année, la manifestation semble s'être égarée dans "une diversité stérile", donnant l'impression d'avoir "perdu sa boussole et d'être incapable d'afficher un goût sûr", dit-il.

"La Mostra n'est plus capable de compenser l'inhospitalité du Lido (aux infrastructures dépassées, NDLR) par une attitude amicale et chaleureuse envers le monde du cinéma", conclut Mereghetti.

Certaines récompenses ont déjà été attribués.

Le Lion d'or du court-métrage, dans la section Corto Cortissimo, est revenu à "Tierra y pan" du Mexicain Carlos Armella, 30 ans, assorti d'une mention spéciale à "Vacsora" du Hongrois Karchi Perlmann, 47 ans.

Le Prix de la Semaine internationale de la critique, lui, est allé au film français "L'Apprenti" de Samuel Collardey.

Le jury de la Mostra 2008 se compose de six membres: l'actrice Valeria Golino (Italie) les réalisateurs Johnnie To (Hong-Kong), John Landis (Etats-Unis) et Lucrecia Martel (Argentine), le vidéaste-photographe Douglas Gordon (Royaume-Uni) et le scénariste Yuri Nikolaievic (Russie).

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