MAROC - ÉTATS-UNIS

Rice à Rabat, dernière étape de sa tournée au Maghreb

Après une visite historique en Libye puis un passage en Tunisie et en Algérie, la secrétaire d'état américaine Condoleezza Rice est arrivée à Rabat au Maroc, dernière étape de sa tournée au Maghreb.

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La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice est arrivée samedi soir à Rabat où elle devrait évoquer notamment la lutte contre le terrorisme.

La coopération dans la lutte contre le terrorisme a également fait l'objet d'entretiens de Mme Rice avec le président Abdelaziz Bouteflika samedi à Alger.

La secrétaire d'Etat a été accueillie à l'aéroport de Rabat par le chef de la diplomatie marocaine Taïeb Fassi-Fihri. Ses entretiens dans la soirée et dimanche matin à Rabat porteront également sur le conflit du Sahara occidental et la coopération entre le Maroc et les Etats-Unis.

Le conflit du Sahara occidental vieux de 33 ans oppose le Maroc au Front Polisario, mouvement indépendantiste soutenu par l'Algérie. Rabat souhaite que Washington contribue "à faire sortir ce dossier de l'impasse", avait déclaré jeudi le porte-parole du gouvernement marocain Khalid Naciri.

Le processus d'intégration maghrébine dans le cadre de l'Union du Maghreb arabe (UMA) sera également abordé à Rabat.

A l'issue de son entretien avec M. Bouteflika à Alger, Condoleezza Rice a indiqué qu'ils avaient parlé de leur "grand intérêt dans la lutte contre le terrorisme et la coopération" dans ce domaine.

"J'ai eu l'opportunité de bénéficier de la connaissance du président Bouteflika sur la région. Il est vraiment l'un des hommes les plus sages de la région, au Maghreb et même au delà", a-t-elle ajouté.

Si "notre coopération est bonne (dans la région) (...) il est toujours possible de faire plus pour renforcer le partage d'informations", a-t-elle ajouté.

A Tunis, elle a appelé le gouvernement tunisien à accélérer ses réformes politiques et évoqué la menace terroriste dans la région, au cours d'un entretien avec le président Zine El Abidine Ben Ali à son palais de Carthage.

"Il y a eu des réformes politiques", a-t-elle ensuite précisé à quelques journalistes dans l'avion la conduisant de Tunis à Alger.

"Nous avons très clairement fait savoir que nous aimerions que la Tunisie en fasse davantage", a précisé Mme Rice en indiquant avoir eu avec le président tunisien une "discussion très bonne et intense" sur la liberté de la presse, la libéralisation de l'internet, l'accès de l'opposition à la télévision.

Washington a souvent poussé la Tunisie vers plus de réformes démocratiques en mettant en avant les réalisations socio-économiques du pays, ainsi que son "rôle clé" dans la lutte contre l'islamisme radical et la menace terroriste.

Mme Rice a ainsi tenu à souligner "le rôle extraordinaire joué par les femmes en Tunisie", où elles ont "accompli un grand progrès", en allusion au statut social libéral et aux lois émancipatrices dont jouissent les Tunisiennes depuis 1957.

Mme Rice a en outre fait part à M. Ben Ali des entretiens qu'elle avait eus la veille avec le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi.

Les Etats-Unis ont reconnu à la Tunisie un rôle positif auprès du dirigeant libyen pour l'amener à une politique modérée et conciliante avec l'Occident.

Cette tournée intervient dans un contexte de menace terroriste contre la secrétaire d'Etat américaine, qu'un jihadiste a appelé à assassiner durant son périple au Maghreb, et des mesures de sécurité exceptionnelles ont été prises à Alger.

"Les terroristes essaient. Ils choisissent des cibles et malheureusement il y a eu une série d'explosions ici. Je ne pense pas qu'un risque particulier existe dans cette région", a-t-elle dit à Alger en réponse à une question sur la menace d'attentat d'Al-Qaïda au Maghreb à son encontre.

Mme Rice a aussi évoqué avec M. Ben Ali la situation en Mauritanie, dont le président a été renversé en août par un coup d'Etat militaire.

La Mauritanie est membre de l'Union du Maghreb arabe (UMA) avec l'Algérie, la Libye, le Maroc et la Tunisie, mais Nouakchott est exclue du périple de Mme Rice, Washington ayant condamné le putsch contre le président élu.
 

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