ÉTATS-UNIS - FINANCE

Le Trésor met sous tutelle Freddie Mac et Fannie Mae

Henry Paulson, secrétaire au Trésor américain, a annoncé la mise sous tutelle des deux organismes de refinancement hypothécaire américains Fannie Mae et Freddie Mac, mis en difficulté par la crise du crédit et de l'immobilier.

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Retrouvez également le reportage de France 24 sur les ravages de la crise des subprimes et le reportage sur les maisons au rabais. 


Le Trésor américain a annoncé dimanche une mise sous tutelle gouvernementale des organismes de refinancement hypothécaire Fannie Mae et Freddie Mac, le temps que ceux-ci restructurent leurs finances mises à mal par la crise du crédit et de l'immobilier.

Le plan prévoit que l'Etat fédéral pourra injecter jusqu'à 100 milliards de dollars dans chacune de ces sociétés pour les aider à accomplir leur mission.

Même s'il est probable que ces enveloppes ne seront pas intégralement consommées, le sauvetage de Fannie Mae et Freddie Mac s'annonce ainsi comme l'un des renflouements par les pouvoirs publics de sociétés privées les plus coûteux jamais menés dans l'histoire de la finance mondiale.

L'importance de la somme est destinée à montrer "le fort engagement" de l'Etat envers les créanciers et les investisseurs en titres de deux établissements", s'est défendu le secrétaire au Trésor Henry Paulson, dont le parti est a priori hostile au sauvetage de sociétés privées par l'Etat.

Lors d'une conférence de presse, M. Paulson a souligné que cette décision s'était imposée après "une analyse très approfondie de la situation financière actuelle" des deux sociétés.

Au début de l'été, l'Etat fédéral avait déjà apporté un soutien aux deux compagnies. Un soutien essentiellement verbal, que M. Paulson avait comparé à un bazooka, qu'on montre mais dont on ne se sert pas. Mais, selon la presse, un examen approfondi des comptes de Freddie Mac, et dans une moindre mesure, de Fannie Mae, a révélé des irrégularités comptables et une situation financière plus précaire qu'estimée jusqu'ici.

M. Paulson a estimé que les deux compagnies, de statut privé mais exerçant des missions de service public, présentaient désormais un risque pour la solidité du système financier, qu'il appartenait à l'Etat fédéral de corriger, en raison des "ambiguïtés" de leur fonctionnement qu'il a longtemps tolérées.

"Sur la base de ce que nous avons appris sur ces institutions au cours des quatre dernières semaines, y compris ce que nous avons appris sur leurs besoins en capital et vu les conditions actuelles du marché, j'ai conclu qu'il ne serait pas du meilleur intérêt du contribuable de faire un simple investissement en capital dans ces entreprises sous leur forme actuelle", a ajouté M. Paulson.

Dans la limite des 100 milliards de dollars fixée, le Trésor apportera des capitaux frais aux deux institutions, au fur et à mesure, en fonction de leurs besoins. Cette formule, a-t-il dit, "est le moyen le plus efficace pour éviter un risque systémique et contient des dispositions pour protéger le contribuable" en cas de faillite des deux entreprises.

Le Trésor sera ainsi prioritaire en cas de liquidation de Fannie et Freddie.    La direction des deux compagnies a été évincée et leur gestion sera désormais assurée par des dirigeants nommés par le régulateur.

En jouant de leur capacité à se refinancer à bon compte, Fannie Mae et Freddie Mac achètent aux banques les prêts immobiliers qu'elles ont consentis aux particuliers et les revendent ensuite à des investisseurs institutionnels. Les banques dégagent ainsi des liquidités qui leur permettent d'effectuer de nouveaux prêts, contribuant ainsi au dynamisme du marché immobilier.

Fannie Mae et Freddie Mac détiennent ou garantissent plus de 5.000 milliards de dollars de titres hypothécaires, soit plus de 40% de l'encours des prêts immobiliers accordés aux Etats-Unis.

Le plan de M. Paulson prévoit une énorme cure d'amaigrissement pour les deux sociétés qui devront réduire la taille de leur bilan de 10% par an à partir du 31 décembre 2009.

 

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