TRANSPORT

Air France et Veolia se lancent dans la bataille du rail

Air France et Veolia travaillent sur le lancement d'une filiale de trains à grande vitesse (TGV) privés, rivalisant avec ceux de la SNCF pour 2010, date d'ouverture à la concurrence des liaisons internationales de voyageurs.

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Air France et le français Veolia Transport négocient pour se lancer ensemble dans la bataille du rail le 1er janvier 2010, date à laquelle la SNCF devra ouvrir ses lignes internationales de passagers à la concurrence dans le cadre de la libéralisation européenne.

Selon le quotidien Le Parisien paru lundi, le transporteur aérien français et le premier opérateur privé européen de réseaux de transports collectifs vont créer une filiale commune le 15 septembre destinée à lancer des TGV privés desservant Amsterdam et Londres.

"Cette date est inconnue dans l'agenda d'Air France", a déclaré une porte-parole de la compagnie, confirmant toutefois, comme elle l'avait déjà fait le 3 juillet, des négociations en cours sur un éventuel partenariat. Veolia, qui avait également confirmé à l'époque ces tractations, n'a pas fait de commentaire.

La SNCF n'a pas souhaité réagir. Le 16 juillet, son président Guillaume Pepy avait toutefois envisagé de "faire des propositions" à Air France pour le lancement de TGV aux couleurs du transporteur aérien.

Déjà soumise à la concurrence sur ses lignes de fret ferroviaire internationales depuis 2003 et nationale depuis 2006, l'entreprise publique, mal préparée, a beaucoup souffert dans le domaine du transport de marchandises, actuellement déficitaire.

Pour contrer une offensive sur ses TGV, son moteur économique, l'actuelle tenante du monopole de transport de passagers en France veut sortir au moins "deux nouveaux produits" par an, sur le modèle des billets électroniques sur mobiles ou du TGV de nuit, lancés en 2008.

Forte de 25 ans d'expérience, d'un record du monde de vitesse et de plus de 1,5 milliard de voyageurs transportés sans accident grave, la SNCF estime, en interne, posséder une longueur d'avance sur ses rivaux.

"Les chances d'Air France et de Veolia sont toutefois réelles", estime Gilles Dansart, de la revue Ville et Transport.

Parmi leurs atouts: la desserte des aéroports, qui n'était pas jusqu'ici prioritaire pour la SNCF. Air France a d'ailleurs déjà noué un partenariat avec Thalys pour l'acheminement des passagers entre Roissy et Bruxelles après avoir stoppé sa propre liaison. Mais, selon la revue La Vie du Rail, Air France ne serait pas satisfaite des conditions de transport, en raison de la mauvaise correspondance entre trains et avions.

Pour cette bataille, Air France et Veolia Transport --qui exploite des bus, tramways, métros, autocars, trains et bateaux en Europe, en Amérique du Nord et en Australie-- vont devoir investir massivement dans du nouveau matériel. "Dans le domaine de la grande vitesse, il n'existe pas, contrairement au fret, de matériel de location ou d'occasion", souligne M. Dansart.

Selon Le Parisien, des contacts avec le groupe français Alstom, fabricant des TGV, auraient été noués. Ce dernier s'est refusé à tout commentaire.

Selon la directive européenne, les lignes ouvertes en 2010 à la concurrence devront desservir l'étranger, mais rien n'empêche les nouveaux arrivants de prendre des passagers en cours de route qui effectueront par conséquent un trajet uniquement national. Air France s'intéresserait d'ailleurs aux liaisons purement françaises.

A ce jour, seuls Veolia et la compagnie aérienne ont fait savoir qu'elles étudiaient une offensive. Mais, l'opérateur historique allemand, la Deutsche Bahn, se tiendrait en embuscade.

Reste à réguler l'attribution des créneaux horaires sur les voies françaises. La création d'une sorte de gendarme ferroviaire chargé du sujet devrait être abordée mercredi en conseil des ministres.

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