CONJONCTURE ÉCONOMIQUE

Lagarde revoit à la baisse les prévisions de croissance française

La ministre française de l'Économie, Christine Lagarde, reconnaît que l'objectif de 1,7 % de croissance en 2008 était "mathématiquement impossible", et table sur une progression d'1 %. Elle a affirmé que le déficit resterait sous les 3 %.

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La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, a estimé dimanche que la croissance française s'établirait "sans doute autour de 1%" en 2008, tout en assurant que le gouvernement tiendrait son "engagement" de ne pas laisser son déficit public atteindre la limite des 3% du PIB.

"Avec un mauvais deuxième trimestre (-0,3%, NDLR) et un troisième trimestre dont, je l'ai dit déjà, je pense qu'il ne sera pas bon, il est mathématiquement impossible que nous atteignions 1,7%", a déclaré Mme Lagarde dans l'émission "Le grand jury RTL/Le Monde/LCI".

Le gouvernement escomptait jusqu'à présent une croissance comprise entre 1,7 et 2% en 2008. Pour 2009, il table pour l'instant sur une croissance comprise entre 1,75% et 2,25%.

Pour 2008, "on sera sans doute autour de 1%", a ajouté la ministre, rappelant que Bercy ferait "un prévisionnel de croissance précis et réaliste lors de la discussion du projet de loi de finances le 24 septembre".

Le Premier ministre François Fillon a dit la semaine dernière qu'il espérait que la croissance de l'économie française en 2008 serait d'"un peu plus de 1%".

Pour 2009, la ministre a estimé prématuré d'ajuster la prévision du gouvernement, reconnaissant toutefois que le ralentissement enregistré en 2008 freinerait "l'élan" de la croissance au début de l'an prochain. "On finira l'année 2009 beaucoup mieux qu'on ne la commencera", a-t-elle dit.

Dans une première réaction à ces déclarations, le parti socialiste a dénoncé la "cacophonie gouvernementale sur les prévisions de croissance". Faouzi Lamdaoui, secrétaire national à l'égalité, a demandé dans un communiqué à Mme Lagarde "de dire la vérité sur la récession et au gouvernement de prendre d'urgence un plan de relance de notre économique".

Interrogée sur l'impact de cette croissance en berne sur les déficits publics (Etat, sécurité sociale et collectivités locales), Mme Lagarde a répondu: "je peux vous dire catégoriquement qu'on ne sera pas aux 3% en 2008, c'est l'engagement qu'on prend vis-à-vis de nos partenaires européens".

Le déficit public de la France était de 2,7% du PIB en 2007 et le gouvernement s'est fixé comme objectif pour 2008 de le ramener à 2,5%, une tâche rendue d'autant plus difficile par les mauvaises conditions économiques qui se traduiront pour l'Etat par un "manque à gagner" sur les recettes fiscales.

Beaucoup d'experts, y compris l'OCDE ou la Commission européenne, estiment que la France flirtera à la fin de l'année avec la limite des 3% autorisée par le pacte de stabilité européen. Bruxelles a d'ailleurs adressé au printemps une "recommandation" à la France pour la mettre en garde à ce sujet.

Quant à l'engagement français de ramener les comptes publics à l'équilibre au plus tard à la fin 2012, Christine Lagarde s'est contentée de promettre que le gouvernement allait "faire tous nos efforts selon un certain nombre de paramètres", espérant "qu'on sera en mesure de tenir nos objectifs".

En cette période de difficultés économiques, la ministre a également affirmé que la Banque centrale européenne (BCE) devait "entendre les préoccupations de terrain" des Etats-membres.

"Ce qui est important, c'est qu'on restaure les conditions de la croissance et qu'on évite d'entrer dans une spirale inflationniste (...) On a besoin de comprendre quelles sont les analyses de la BCE", a dit Mme Lagarde.

La France reproche régulièrement à la BCE de n'avoir pas réagi à la hausse de l'euro pour favoriser la relance économique, alors que l'UE est en butte au ralentissement de sa croissance à cause de la crise financière internationale.

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