ROYAUME-UNI - TERRORISME

Trois hommes jugés coupables de projet d'attentat

Après cinq mois d'audience, la justice britannique a reconnu coupables de "conspiration en vue de tuer" trois musulmans britanniques. Ils sont accusés d'avoir fomenté des projets d'attentats, à l'aide d'explosifs liquides, dans des avions.

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Trois hommes ont été reconnus coupables lundi par un tribunal britannique d'avoir fomenté un projet d'attentats en 2006 avec des explosifs liquides dans des avions transatlantiques, à l'origine d'un durcissement des mesures de sécurité dans les aéroports du monde entier.

Abdulla Ahmed Ali, 27 ans, considéré comme le leader du réseau, a été reconnu coupable de conspiration en vue de tuer des centaines de personnes dans le cadre d'une campagne terroriste, par le tribunal de Woolwich, dans le sud-est de Londres.

Assad Sarwar, 28 ans, et Tanvir Hussain, 27 ans, ont également été reconnus coupables de conspiration en vue de commettre des meurtres.

Leur peine devrait être annoncée dans les prochains jours.

Après plusieurs semaines de délibérations, le jury n'est, en revanche, pas parvenu à s'accorder sur un verdict commun concernant quatre autres accusés, Ibrahim Savant, 27 ans, Arafat Waheed Khan, 27 ans, Waheed Zaman, 24 ans, et Umar Islam, 30 ans.

Le huitième accusé, Mohammed Gulzar, 27 ans, a été exonéré de toutes les accusations pesant contre lui.

Les huit hommes, tous musulmans, étaient jugés pour avoir projeté en août 2006 de commettre des attentats suicide dans au moins sept avions reliant l'aéroport londonien d'Heathrow, l'un des plus importants au monde, avec le Canada et les Etats-Unis.

Tous britanniques et originaires d'Asie du Sud, ils ont rejeté les accusations de conspiration pour meurtre.

Abdulla Ahmed Ali, Assad Sarwar, et Tanvir Hussain avaient plaidé coupables de "complot en vue de provoquer une explosion" et de troubles à l'ordre public pour avoir distribué des vidéos menaçant d'attentats à la bombe au Royaume-Uni.

Ibrahim Savant, Umar Islam, Arafat Waheed Khan, et Waheed Zaman avaient également plaidé coupables, mais pour le seul chef d'inculpation de trouble à l'ordre public.

Selon l'accusation, le groupe voulait provoquer un véritable "carnage" à bord d'au moins sept avions reliant Heathrow avec le Canada (Toronto et Montréal) et les Etats-Unis (New York, Washington, Chicago, San Francisco).

Dans le but de provoquer des attentats ayant "un réel impact mondial", les hommes comptaient injecter des explosifs liquides au fond de bouteilles en plastique de boissons énergétiques, afin de déjouer les contrôles de sécurité qui à l'époque ne visaient pas spécifiquement les liquides. Des bombes auraient été confectionnées une fois à bord des appareils et déclenchées en vol.

Le groupe "n'était pas loin" de mettre son plan à exécution et avait discuté avec 18 kamikazes potentiels avant de sélectionner sept vols, ou même plus, opérés par les compagnies United Airlines, American Airlines et Air Canada, avait indiqué le procureur Peter Wright au début du procès.

"Si chacun de ces appareils avait explosé les pertes potentielles de vies humaines auraient été considérables", avait-il souligné.

La révélation du complot avait entraîné la mise en oeuvre de mesures strictes de sécurité sur les avions de ligne, qui exigent dorénavant que les passagers n'emportent en cabine que des récipients n'excédant pas 100 ml.

Cette affaire avait fait grand bruit dans un pays déjà placé en alerte terroriste renforcée depuis les attentats à Londres du 7 juillet 2005, qui avaient fait 56 morts dans les transports publics de la capitale britannique, dont les quatre kamikazes.
  

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