PHYSIQUE

Des chercheurs recréent les conditions du Big Bang

Le plus grand accélérateur de particules au monde - mis au point par l'Organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN) - a été mis en route, ce mercredi, près de Genève. Il doit lever les secrets sur la formation de l'Univers.

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Le plus grand accélérateur de particules au monde, mis au point par l'Organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN), a été mis en route mercredi matin près de Genève avec pour mission de percer les secrets de la matière et de l’Univers.

 

Le Grand Collisionneur de hadrons (LHC), un projet de 5,63 milliards d'euros, a été mis en route un peu après l'heure prévue de 09h30 (07h30 GMT).

 

"Il y a deux émotions : le plaisir d'achever une grande tâche et l'espoir de grandes découvertes devant nous ", a déclaré Robert Aymar, le directeur général du CERN.

 

"La plus grande expérience dans l’histoire de l’humanité"

 

Cet outil, sur lequel environ 5 000 physiciens et ingénieurs de 60 pays travaillent depuis plus de 10 ans, est le plus grand projet scientifique de ces dernières années. Pour trier les 15 millions de gigaoctets de données recueillis chaque année, 11 grands centres répartiront l'information brute à 200 sites à travers le monde, qui la stockeront et l'analyseront.

 

"Il s’agit d’une énorme expérience, de la plus grande expérience dans l’histoire de l’humanité, toutes disciplines confondues ! ", se réjouit le physicien Gilles Cohen-Tannoudji, chercheur émérite au Centre d’énergie atomique (CEA), invité de FRANCE 24.

 

Un anneau géant de 27 kilomètres

 

Un premier faisceau de protons a été envoyé à 09h33 dans l'anneau géant de 27 kilomètres construit sous la montagne, de part et d'autre de la frontière franco-suisse. Un autre faisceau devait être envoyé dans l'autre sens pour vérifier la bonne fonctionnalité du système.

 

Dans les semaines à venir, les faisceaux, guidés par des aimants superconducteurs refroidis à -271°C, seront envoyés simultanément dans les deux directions afin de provoquer des collisions de particules qui dégageront à pleine puissance une chaleur équivalente à 100 000 fois la température qui règne au cœur du Soleil.

 

Au fil des mois, le LHC montera en puissance pour atteindre des vitesses proches de celle de la lumière.

 

Ces collisions, au rythme de 600 millions par seconde, éclateront les protons en leurs particules élementaires que sont les quarks et les gluons et feront apparaître d'autres particules élémentaires plus rares.

 

"Il y a l’espoir de trouver quelque chose de nouveau, de différent, qui répondra aux questions que les scientifiques se posent depuis tant d’années", souligne Vicky Morgan, envoyée spéciale de FRANCE 24 au centre du CERN, près de Genève.

 

 

 "Pas de résultats significatifs avant 2 ans"

 

Les physiciens espèrent ainsi détecter le boson de Higgs, ultime particule prédite par la théorie du Modèle standard des composants élémentaires de la matière mais jamais encore observée jusqu'ici.

 

Les très hautes énergies mises en œuvre permettront en effet de recréer pendant une fraction de seconde l'état de l'Univers durant le premier cent millième de seconde après le Big Bang, il y a 13,7 milliards d'années.

 

Patience est cependant de mise avant d’obtenir des résultats concrets. "Ces recherches sont purement cognitives, fondamentales. Des conséquences concrètes, il en viendra certainement mais il ne faut pas s’attendre à avoir des résultats significatifs avant deux bonnes années", souligne Gilles Cohen-Tannoudji sur le plateau de FRANCE 24.

 

Les collisions pourraient également créer de mini trous noirs, quelques scientifiques ont émis la crainte qu'ils absorbent toute la matière autour d'eux, provoquant la fin du monde. Les physiciens du CERN balaient cette hypothèse et assurent qu'ils seront sans danger, tant leur présence sera éphémère.

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