CORÉE DU NORD

Kim Jong-il absent des célébrations du 60e anniversaire de son pays

La Corée du Nord a marqué, mardi, le 60e anniversaire de sa fondation par un défilé militaire. En l'absence de l'homme fort de Pyongyang, Kim Jong-il, qui pourrait avoir été victime, il y a quelques semaines, d'une attaque cérébrale.

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La Corée du Nord a marqué mardi le 60e anniversaire de sa fondation par un défilé militaire en l'absence de son dirigeant Kim Jong-il, rapporte de Pyongyang l'agence de presse japonaise Kyodo.

Le Nord regroupait des armements depuis plusieurs jours afin de les exposer dans les rues de la capitale, selon les responsables militaires sud-coréens.

Mais les rumeurs sur l'état de santé de Kim ont pris le pas sur cette démonstration de force à la suite de la parution d'un article du Chosun Ilbo, le premier quotidien sud-coréen, selon qui le dirigeant a été victime d'un malaise le mois dernier.

Agé de 66 ans, l'homme fort de Pyongyang est connu pour souffrir de surpoids, de diabète et de problèmes cardiaques.

Selon un responsable d'un service de renseignement occidental, qui a requis l'anonymat, Kim a peut-être été victime d'une attaque cérébrale il y a quelques semaines.

La santé de Kim Jong-il est l'un des secrets les mieux gardés de la République populaire démocratique de Corée fondée le 9 septembre 1948.

En octobre 2007, lors du sommet des deux Corées, Kim avait lui-même rejeté les rumeurs sur sa santé.

"Le moindre geste que je fais suscite une large couverture médiatique. On dirait des écrivains de fiction, pas des journalistes", avait-il déclaré.

La dernière apparition en public de Kim relayée par les médias officiels de Corée du Nord remonte à environ un mois.

Les analystes mettent toutefois en garde contre des interprétations exagérées de la fréquence des apparitions de Kim en public. Ils soulignent que ce dernier peut être invisible pendant des mois avant de réapparaître à l'occasion d'une visite dans une caserne ou une usine.

"OBTENIR UN PEU PLUS"

Les experts militaires scrutent avec attention les défilés de l'armée nord-coréenne qui sont souvent l'occasion pour cet Etat reclus et secret de dévoiler de nouvelles armes.

"Le Nord veut probablement renforcer son image de puissance militaire afin de cimenter l'unité nationale et de s'assurer une meilleure position dans les négociations sur la dénucléarisation", déclarait avant la parade un responsable gouvernemental sud-coréen cité par le quotidien JoongAng Ilbo.

Les nouvelles spéculations sur la santé de Kim interviennent alors que, selon des responsables américains et sud-coréens, la Corée du Nord a pris des mesures préliminaires pour relancer son réacteur nucléaire de Yongbyon qu'elle avait commencé à démanteler en novembre dernier aux termes d'un accord avec la Corée du Sud, la Chine, le Japon, les Etats-Unis et la Russie.

Le pays, qui a effectué un essai nucléaire il y a deux ans, a achevé la plupart des étapes réclamées par le pacte et les experts estiment qu'il lui faudrait au moins un an pour redémarrer le réacteur.

Pyongyang a arrêté la procédure le mois dernier pour manifester son mécontentement de se voir maintenu sur la liste noire du terrorisme dressée par Washington.

Les Etats-Unis exigent, pour retirer le pays de la liste, que la Corée du Nord accepte au préalable un système de vérification de ses déclarations sur son programme nucléaire.

"La Corée du Nord a obtenu tout ce qu'elle pouvait du président (George) Bush. Il est temps pour elle d'essayer de secouer un peu la prochaine administration américaine et de voir si elle peut obtenir un peu plus", a estimé Richard Armitage lors d'un séminaire à Séoul.

L'ancien responsable du département d'Etat ne juge pas impossible que Pyongyang procède à un test de missiles pour accentuer encore la pression.
 

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