FRANCE - SOCIAL

Le gouvernement fait un geste pour les agriculteurs retraités

Le Premier ministre François Fillon a annoncé, à Rennes, la création d'un minimum retraite garanti pour tous les agriculteurs non-salariés justifiant de plus de 17 ans et demi d'activité. Un geste attendu de longue date par la corporation.

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Le gouvernement a fait mardi un geste - attendu de longue date - en faveur des retraités agricoles en annonçant l'instauration d'un minimum garanti qui bénéficiera à quelque 350.000 personnes pour un montant global de 195 millions d'euros.

Nicolas Sarkozy en avait fait un engagement de campagne et avait promis en avril dernier des mesures en faveur du pouvoir d'achat des retraités agricoles, dont le nombre atteint quelque 1,8 million pour seulement 570.000 actifs.

La majorité d'entre eux touchent de très faibles pensions de retraite car ils présentent des carrières "incomplètes" pour avoir travaillé sur l'exploitation familiale sans avoir été déclarés.

François Fillon a concrétisé la promesse à l'occasion de l'inauguration du 22e Salon des productions animales (SPACE), à Rennes, en présence notamment du ministre de l'Agriculture, Michel Barnier, et du président de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA), Jean-Michel Lemétayer.

"Nous allons mettre en place un véritable filet de sécurité, qui garantira un montant minimum de retraite à tous les non-salariés agricoles justifiant de plus de 17 ans et demi d'activité", a expliqué le Premier ministre.

La mesure, inscrite dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PFLSS), sera effective au 1er janvier 2009.

"Les dispositifs de revalorisation ont laissé de côté un certain nombre d'anciens exploitants. Je pense aux poches de pauvreté où se débattent ceux qui n'ont pu justifier d'une durée de cotisation complète. Je pense aux veuves et aux conjoints", a souligné François Fillon.

Cent seize millions d'euros seront affectés en 2009 à cette mesure qui sera financée par le Fonds de financement des prestations sociales agricoles (FFIPSA). "Ça ne pèsera pas sur les dépenses de l'Etat", précise-t-on à Matignon.

Le montant sera calculé sur la base du minimum vieillesse du régime général (633,13 euros par mois).



MISE EN GARDE DE LA FNSEA SUR LE RSA

A partir de 2010, les veuves obtiendront la réversion de la retraite complémentaire obligatoire. Un ajustement qui coûtera 40 millions d'euros. Une enveloppe de 39 millions d'euros sera débloquée en 2011 pour parachever le dispositif, qui vise à "réparer les injustices".

A titre d'exemple, une veuve justifiant de 32 ans et demi de cotisation touchera un complément de 600 euros par an, précise-t-on de source gouvernementale.

Jean-Michel Lemétayer s'est félicité d'une mesure réclamée depuis longtemps par la profession mais a mis en garde le gouvernement contre les contradictions d'une politique qui favoriserait les plus modestes d'un côté et les ponctionnerait de l'autre.

"Alors que 60% des retraités agricoles touchent un montant nettement inférieur au smic et que certains atteignent à peine ce niveau du smic en complétant leur pension par un petit revenu foncier, je ne comprendrais pas que ces retraités doivent participer au financement du revenu de solidarité active (RSA)", a-t-il souligné.

Pour aider l'agriculture à faire face aux "zones de turbulences" - la fièvre catarrhale ovine au premier rang d'entre elles - , François Fillon a promis en outre une "déduction pour aléas" (DPA), "une épargne de précaution destinée aux jours sombres" qui entrera en vigueur cette année.

Un fonds sanitaire sera également mis en place, mais le chef du gouvernement a marqué sa volonté de sortir d'une politique du "coup par coup". "Il faut mieux prévenir, mieux gérer, mieux réparer".

François Fillon a confirmé la détermination de la France, qui exerce la présidence de l'Union européenne, à accélérer la réforme de la Politique agricole commune (PAC) en ouvrant dès à présent le débat sur l'après-2013 sans attendre le bilan de santé de 2010.

"Je veillerai personnellement à ce que les décisions prises soient acceptables par l'ensemble des filières, des hommes et des territoires", a-t-il assuré.
 

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