INDE - TATA

L'usine de la voiture la moins chère du monde toujours à l'arrêt

Le travail n'a pas repris sur le chantier de l'usine Tata qui doit produire la Nano, la voiture la moins chère du monde. La direction de l'usine conteste l'accord portant sur l'indemnisation des paysans déplacés pour sa construction.

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Le chantier de l'usine du groupe indien Tata Motors, devant produire la voiture la moins chère du monde, était toujours à l'arrêt mardi dans l'est de l'Inde, en dépit d'un accord de conciliation scellé entre partisans et opposants du site industriel.

Au terme de semaines de manifestations et d'une grave crise autour de cette voiture Nano au prix annoncé de 2.500 dollars, le gouvernement communiste du Bengale occidental --favorable à l'usine-- et le parti régional du Congrès Trinamool --opposé au projet-- étaient convenus dimanche soir d'indemniser des paysans dont les terres avaient été réquisitionnées pour en faire un parc industriel destiné à Tata.

Mais la filiale Tata Motors, qui n'a jamais pris part aux négociations de la semaine dernière, refuse depuis lundi de reprendre le chantier de son usine de Singur, près de Calcutta, jugeant l'accord de la veille "flou" et sans garantie d'un retour au calme.

Le règlement de dimanche prévoit aussi de rendre aux paysans des terrains qui avaient été alloués à des équipementiers automobiles de Tata Motors. Ce dernier s'y oppose en estimant impossible de tenir des coûts déjà extrêmement serrés pour construire sa mini-voiture rudimentaire.

D'énièmes tractations ont commencé mardi.

Dévoilée en janvier, la Nano devait être chez les concessionnaires en octobre.

A la fois menaçant et conciliant, Tata Motors a fait savoir lundi soir qu'il "ne fermait pas la porte" à un règlement, mais qu'il disposait aussi d'un "plan B" pour produire la Nano ailleurs en Inde.

Ratan Tata, le président du conglomérat éponyme, avait menacé fin août de délocaliser l'assemblage du véhicule, bien que son groupe ait déjà investi 350 millions de dollars au Bengale occidental.

Pendant des semaines, le site de Singur achevé à 90% a été encerclé par des dizaines de milliers de paysans et militants politiques protestant contre la réquisition de terres agricoles pour les transformer en zones industrielles.

L'Inde, qui se rêve en superpuissance rivalisant avec la Chine, a lancé dès 2005 des centaines de projets de zones économiques spéciales (ZES), qui sont des enclaves industrielles privées, exemptées d'impôts et dotées de solides infrastructures, pour attirer des entreprises étrangères et locales.

Les élites économiques et politiques s'inquiètent des répercussions de l'"affaire Nano" sur "l'image" de l'Inde à l'étranger.
  

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