SANTÉ - DROGUE

Consommation de drogue en hausse en Asie et dans le Golfe

Dans un rapport, l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) s'alarme de l'augmentation de la consommation de produits de synthèse, tels les amphétamines et l'ecstasy, en Asie du Sud-Est et dans les pays du Golfe.

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L'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) a averti mardi que la consommation de drogues de synthèse comme les méthamphétamines (meth) ou l'ecstasy est en hausse en Asie du Sud-est et dans les pays du Golfe.

Selon le rapport 2008 de l'organisation concernant les amphétamines, méthamphétamines et l'ecstasy, la consommation de ces drogues dépasse sur une base annuelle celle de la cocaïne et de l'héroïne réunies.

"L'Asie avec son accroissement énorme de la population est la principale région demandeuse", note le rapport, soulignant qu'en 2006 près de la moitié des pays asiatiques avaient relevé une hausse de la consommation de meth.

Toujours en 2006, l'Arabie saoudite a saisi plus de 12 tonnes d'amphétamines, essentiellement sous la forme connue sous le nom de Captagon. Ce volume représentait un quart de toutes les drogues de synthèse saisies cette année-là dans le monde, selon l'ONUDC.

En 2007, le volume des drogues de synthèse saisies en Arabie saoudite est passé à près de 14 tonnes.

Le marché mondial des drogues de synthèse est estimé par l'organisation onusienne à 65 milliards de dollars, ventes en gros et de détail combinées.

Par ailleurs, la production de ces drogues semble s'être stabilisée à 500 tonnes par an dans le monde avec des différences géographiques cependant, selon le rapport.

Ainsi les saisies dans les laboratoires ont reculé aux Etats-Unis et dans l'Union européenne, mais la production a augmenté au Canada, au Mexique et en Turquie.

Récemment, une saisie record de 4,4 tonnes d'ecstasy produite en Europe occidentale a eu lieu en Australie, rappelle l'organisation.

Mais la traçabilité de ces types de stupéfiants est plus floue que celle des drogues produites à base de plantes comme la cocaïne et l'héroïne, car on peut, selon le rapport, facilement trouver les ingrédients pour fabriquer des méthamphétamines dans sa cuisine ou des pilules d'ecstasy dans son garage.

"Lorsqu'un laboratoire est fermé un autre ouvre immédiatement et si les producteurs ne trouvent plus l'un des composants chimiques, ils passent tout de suite à un produit alternatif", a expliqué le directeur exécutif de l'ONUDC, Antonio Maria Costa, cité dans un communiqué et qui devait présenter le rapport à Bangkok mardi.

"C'est un défi au pouvoir judiciaire, puisque la production est maintenant si proche des points de vente, et une raison aussi d'insister sur la prévention", a-t-il ajouté.

Il a ainsi averti que ce type de drogues "étaient perçues de façon erronée comme des substances sans danger: on dit souvent que les +pilules ne tuent pas et ne propagent par le sida+".

Mais un tel discours risque de minimiser le danger véritable de ces drogues et de ralentir les mesures pour les éradiquer.

"C'est dangereux car les consommateurs qui ressentent une confiance accrue et un regain de sociabilité et d'énergie grâce à la prise de ces drogues risquent d'en devenir vite dépendants et de souffrir de graves problèmes de santé mentale, voir de lésions cérébrales", a ajouté M. Costa en citant les risques de paranoïa, de déficience rénale, d'hémorragie interne ou encore de violences.
 

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