CRISE GÉORGIENNE

Désaccord entre Moscou et l'UE sur la mission des observateurs

La Russie refuse que les observateurs de l'Union européenne soient déployés en Ossétie du Sud et en Abkhazie. Le chef de l'UE, Javier Solana, reconnaît que les zones de déploiement n'ont pas été évoquées de façon précise lundi à Moscou.

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La mission de 200 observateurs civils européens doit commencer à se déployer le 1er octobre, les troupes russes devant avoir quitté la Géorgie proprement dite dix jours plus tard, soit le 10 octobre, selon les accords passés, lundi, à Moscou.

 

Sergueï Lavrov, le ministre des Affaires étrangères russe, a exclu, mercredi, que ces observateurs se déploient en Abkhazie et en Ossétie du Sud.

 

Pour être clair, rien dans le texte ne garantit leur déploiement en Ossétie et en Abkhazie, dont Moscou a reconnu l’indépendance, mais pas l’Union européenne (UE).

 

Le texte est précis et ne concerne que les seules "zones tampons" autour des deux provinces, où se déplacent encore un millier de soldats russes.

 

”Les préparatifs seront accélérés pour permettre le déploiement d’observateurs supplémentaires dans les zones adjacentes à l’Ossétie du Sud et à l’Abkhazie en nombre suffisant pour remplacer les forces de paix russes d’ici le 1er octobre 2008 dont au moins 200 observateurs de l’UE. L’Union européenne, en tant que garante du principe de non-recours à la force, prépare activement le déploiement d’une mission d’observation en complément des mécanismes d’observation existants",  lit-on dans le document final.


Pour Javier Solana, chef de la diplomatie européenne, en quatre heures de discussions à bâtons rompus, la possibilité pour ces observateurs de l'UE d’entrer en Ossétie du Sud et en Abkhazie n’a pas été mentionnée.

 

Même version du côté de l'Elysée. Selon M. Solana, si ce point précis n'a pas été discuté avec le chef de l'Etat russe Dmitri Medvedev, c'est parce que la priorité allait au déploiement de la mission de l'UE sur le territoire incontesté de la Géorgie, afin de permettre le retrait rapide des troupes russes qui y sont encore stationnées.

 

M. Solana avait pourtant assuré quelques minutes plus tôt devant le Parlement européen que la mission d'observation civile de l'UE "sera déployée avec l'esprit d'être déployée partout".

 

Les observateurs déjà sur place - les 130 de la MONUG en Abkhazie, mission de l’ONU, et les 28 de l’OSCE en Ossétie - ne sont pas remis en cause.

 

D’autant moins que la Russie a barre sur ces deux organismes et ne veut pas entendre parler d’observateurs européens, indépendants et incontrôlables.

 

Mais à Tbilissi, le président Mikheïl Saakachvili a agréé à l’accord, mais n'a rien signé.

 

Il craint que le cantonnement de ces observateurs de l'UE hors d’Abkhazie et d'Ossétie ne prenne la dangereuse signification de reconnaissance d’une frontière, qu’il veut toujours invisible !
 

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