PÉTROLE

L'Opep décide de réduire sa production

A l'issue de sa 149ème réunion, l'Opep a annoncé mercredi une baisse effective de sa production de 520 000 barils par jour, afin de respecter les quotas de 28,8 millions de barils par jour fixés en septembre 2007.

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L'Opep a demandé à ses membres de "respecter strictement leurs quotas de production", ce qui équivaut à une baisse effective de "520.000 barils par jour" de leur offre, ont indiqué les dirigeants du cartel mercredi lors d'une conférence de presse à l'issue de sa 149e réunion à Vienne.

L'Opep a décidé de revenir "aux quotas de septembre 2007" dans un délai de "40 jours", ce qui équivaut à "28,8 millions de barils par jour en excluant l'Indonésie", qui quitte le cartel, et en incluant l'Angola et l'Equateur, qui n'étaient pas encore membres à cette date, a déclaré Omar Farouck Ibrahim, porte-parole du cartel.

Les membres de l'Opep "se sont engagés à respecter strictement ces quotas" de septembre 2007, a-t-il ajouté.

Interrogé sur le montant exact de cette baisse de facto, le ministre algérien du pétrole et président en exercice du cartel, Chakib Khelil, a répondu que cela équivalait à "520.000 barils par jour si on compare à la production de juillet 2008".

En juillet dernier les 12 pays soumis à des quotas - l'Irak étant exclu du système - ont produit 29,67 millions de barils par jour.

Le cartel produit en effet depuis plusieurs mois bien au-delà de ses quotas, notamment à cause de la décision unilatérale en juin de l'Arabie saoudite, chef de file du cartel, de doper sa production de 500.000 barils par jour à la suite d'une intervention du président américain George W. Bush, inquiet de la forte hausse des prix du pétrole brut.

C'est ainsi une décision surprise qui est ressortie d'une nuit de discussions entre pays membres, puisque, avant le début de la réunion, le chef de file de l'Opep, l'Arabie saoudite, s'était dite satisfaite de l'approvisionnement du marché, laissant entendre que le niveau de production de l'Opep n'avait pas besoin d'être modifié.

"Les prix pétroliers ont chuté de façon significative au cours des dernières semaines", dans la foulée du ralentissement économique, qui se traduit par "un ralentissement de la demande", ce qui a entraîné "un changement de sentiment du marché", et a pour conséquence une augmentation des risques de baisse" des cours du pétrole, a argumenté M. Ibrahim.

Cette décision est une victoire pour les membres les plus "durs" du cartel, qui réclamaient, menés par l'Iran et le Venezuela, un retour à un respect stricte des quotas de production, afin d'éponger un surplus de production sur le marché pour enrayer la récente chute des cours du brut.

Le baril de Brent est en effet brièvement tombé sous le seuil de 100 dollars mardi à Londres, pour la première fois depuis le 2 avril, atteignant 99,30 dollars en séance et 100,34 dollars à la clôture. A New York, le baril de brut a terminé la séance à 103,26 USD.

Alors que la croissance économique mondiale ralentit et la demande de pétrole avec, l'Opep veut donc éviter une répétition du scénario catastrophe de 1998, qui avait vu les prix tomber à 10 dollars le baril dans la foulée de la crise asiatique.

L'Opep a par ailleurs annoncé officiellement le départ de l'Indonésie, pays qui avait déjà annoncé en mai qu'il allait quitter le cartel, puisqu'il est devenu un importateur net et non plus un exportateur de pétrole, ce qui impliquait son départ de l'organisation.

L'Opep, qui compte désormais 12 membres, n'a pas jugé nécessaire d'organiser une réunion d'ici six semaines, comme certains ministres et analystes l'avaient suggéré, et tiendra, comme prévu, une réunion extraordinaire le 17 décembre à Oran, en Algérie, et sa 150e réunion ordinaire le 15 mars à Vienne, où se trouve son siège.

Enfin, le cartel s'est donné, à compter du 1er janvier 2009 et pour un an, un nouveau président en la personne du ministre angolais du Pétrole, Desidério da Graça Verissimo e Costa, qui succédera à l'Algérien Chakib Khelil.

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