REPUBLIQUE TCHÈQUE - UE

Un sucre au goût amer pour les Tchèques pro-Européens

Le gouvernement tchèque, qui assurera la présidence de l'UE à partir du 1er janvier 2009, a suscité la polémique. En cause : un spot publicitaire dans lequel un morceau de sucre et le slogan sont ambivalents.

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La communication du gouvernement tchèque autour de la prochaine présidence de l’Union européenne, que Prague assurera après Paris à partir du 1er janvier, ne plaît pas à tout le monde. Principal objet de discorde : le nouveau spot publicitaire - dans lequel le morceau de sucre joue un rôle important - et surtout le nouveau slogan, très ambivalent.

 

Le sucre en morceaux a été inventé à Dacice, sur le territoire de l’actuelle République tchèque, en 1843. Une invention dont les Tchèques sont fiers, même si le quotidien Lidove noviny rappelait, cette semaine, que l’inventeur, Jacob Christoph Rad, était d’origine suisse.

 

Le morceau de sucre est donc la star - parmi d’autres vedettes tchèques - de ce clip d’une trentaine de secondes uniquement diffusé sur les chaînes du pays. Lancé par le hockeyeur Jaromir Jagr, il est attrapé par le gardien de but Petr Cech. D’autres aventures l’attendent avant de finir dans le café du chef d’orchestre Libor Pesek.

 

A ce moment-là apparaît le slogan : "Evrope to osladime", une formule qui peut vouloir dire "Nous allons adoucir  - ou sucrer - l’Europe", mais qui signifie surtout, dans le langage courant, "Nous allons en faire baver à l’Europe".



C’est le parti chrétien-démocrate (KDU), pourtant membre de la coalition gouvernementale, qui a été le plus prompt à réagir. "En tchèque, ce slogan est négatif et ne devrait pas montrer l’Europe comme une institution à laquelle on devrait en faire baver", a déclaré son président Jiri Cunek, qui dénonce cette campagne orchestrée par le parti de droite libérale (ODS) du Premier ministre Mirek Topolanek.

 

L’ODS est une formation idéologiquement proche des conservateurs britanniques et souvent taxée d’euroscepticisme. Le fondateur de l’ODS, Vaclav Klaus, aujourd’hui président de la République et eurosceptique notoire, avait d’ailleurs prévenu, il y a quelques années, que la souveraineté et l’identité tchèques risquaient de se dissoudre dans l’UE comme un morceau de sucre dans une tasse de café.

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