FRANCE - POLITIQUE

Jean-Marie Le Pen fait un pas vers la retraite

Deux jours avant l'université d'été du Front national (FN), le fondateur du parti d'extrême-droite évoque sa retraite et sa succession à la tête de la formation dans une interview à l'hebdomadaire conservateur Valeurs Actuelles.

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Le président et fondateur du Front National, Jean-Marie Le Pen, a ouvertement évoqué sa retraite en 2010 et exprimé sa préférence pour sa fille Marine en vue de sa succession à la tête d'un parti qui collectionne les revers depuis l'élection de Nicolas Sarkozy.

"Il faudrait des circonstances exceptionnelles pour que je sois candidat à nouveau" en 2012, a déclaré le quintuple postulant à l'Elysée (1974, 1988, 1995, 2002, 2007), 80 ans, dans une interview à l'hebdomadaire Valeurs Actuelles publiée deux jours avant la traditionnelle "université d'été" qui marquera sa rentrée politique.

Mais la question de sa succession "pour l'heure ne se pose pas", affirme-t-il, expliquant qu'il reste à la tête du parti frontiste jusqu'à son prochain congrès en 2010.

Sans l'adouber, Jean-Marie Le Pen donne des coups de pouce à sa fille, actuelle vice-présidente du parti qu'il a fondé en 1972: "Marine n'est pas populaire que sur son nom. Il y a sa personnalité, son charisme. Elle est sympathique et passe très bien dans les médias".

Et elle incarne selon son père davantage l'avenir que Bruno Gollnisch, l'autre vice-président du parti qui brigue également la tête du FN: "C'est une jeune mère de famille. Moi, je suis grand-père. Bruno commence à l'être".

Et d'ajouter: "Si la prochaine élection présidentielle a lieu en son temps, Marine aura 43 ans, Bruno, 62 ans et moi 83 ans".

M. Le Pen n'a pas toujours soutenu sa fille, à qui il a pu reprocher sa tentative de recentrer le FN: "Marine est bien gentille, mais sa stratégie de dédiabolisation ne nous a rien apporté. Les médias nous ignorent. Un Front gentil, cela n'intéresse personne", déclarait-il avant la dernière élection présidentielle.

Outre les propos de son père, Marine Le Pen a aussi les faveurs de la base. Selon un sondage Ifop pour Valeurs Actuelles auprès de 430 sympathisants FN, 76% souhaitent qu'elle lui succède, contre 14% pour Bruno Gollnisch et 7% pour Carl Lang, ancien délégué général du parti.

M. Gollnisch a laissé percer une pointe d'amertume envers le président du FN: "J'aurais préféré qu'il eût une position plus arbitrale, au-dessus de la mêlée. Mais je ne vais pas l'empêcher de donner son point de vue. A plusieurs reprises, il avait donné sa préférence pour ma candidature, s'il a changé d'avis c'est son droit".

Forte de son statut de favorite, Marine Le Pen renvoie comme son père à l'échéance 2010 la question de la succession: "Ma préoccupation immédiate, ce sont les européennes".

Les prochaines échéances électorales sont en effet capitales pour un parti qui n'a fait que 10,7% des voix à l'élection présidentielle de 2007, cinq ans après le coup de tonnerre de la présence de Jean-Marie Le Pen au deuxième tour de 2002.

Asphyxié par la stratégie de Nicolas Sarkozy, qui n'a jamais caché sa volonté de lui reprendre ses électeurs, le FN a encaissé une nouvelle déroute aux législatives de 2007 (4,7% des voix, aucun député) avant que les élections locales de mars ne confirment sa perte d'influence, symbolisée par la défaite de Marine Le Pen aux élections municipales à Hénin-Beaumont dans le Pas-de-Calais.

Quasiment privé de financements publics suite à ces déroutes, le FN a dû vendre cette année son siège historique à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine) et licencier du personnel.
 

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