CHYPRE

L'ONU salue les négociations sur la réunification de l'île

Les dirigeants chypriotes grec et turc ont entamé, le 3 septembre, des négociations en vue de réunifier l'île divisée depuis 34 ans. L'ONU salue l'avancée des discussions mais n'a pas encore su imposer un calendrier aux deux parties.

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Dirigeants chypriotes grec et turc ont discuté jeudi de gouvernance et de partage de pouvoir, au cours des premières négociations de paix sur le fond à Nicosie, jugées "productives et fructueuses" par l'ONU, et qui doivent permettre une réunification de l'île divisée depuis 1974.

"Nous avons entamé les négociations sur les questions de gouvernance et de partage de pouvoir", a annoncé dans un communiqué l'envoyé spécial de l'ONU, Alexander Downer. "Les discussions ont été productives et fructueuses et elle se poursuivront le 18 septembre."

L'ancien chef de la diplomatie australienne a précisé que le président chypriote, Demetris Christofias, et le président de la République turque de Chypre du Nord (RTCN, autoproclamée), Mehmet Ali Talat, étaient convenus de ne pas faire de communiqué commun à l'issue de leurs discussions, mais de s'exprimer par son intermédiaire.

La rencontre entre les deux hommes, qui s'est déroulée pendant quatre heures sur le site de l'aéroport désaffecté de Nicosie, dans la zone tampon contrôlée par l'ONU, s'inscrit dans le cadre d'un processus de paix qu'ils avaient officiellement lancé le 3 septembre.

"Aucun calendrier n'a été décidé, mais les deux dirigeants font ce qu'ils peuvent pour faire avancer le processus à la vitesse adéquate", a dit M. Downer. "Le chemin est long", a-t-il ajouté.

"Des sujets comme la gouvernance et le partage du pouvoir dans une constitution sont des questions importantes", a-t-il noté. "Inévitablement, cela prendra du temps."

M. Downer a précisé que les deux parties examineraient ensuite le dossier des droits de propriété des réfugiés.

Tout au long du processus de paix, les deux dirigeants, qui se connaissent de longue date, sont convenus de se voir au moins une fois par semaine.

Il s'agit de la tentative la plus sérieuse pour résoudre le problème chypriote, qui influe sur la question de l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne, depuis l'échec d'un plan de réunification de l'ONU en 2004.

Celui-ci avait été accepté par référendum par la partie chypriote-turque mais rejeté par la composante grecque. Dans la foulée, l'île était entrée divisée dans l'UE.

"Le difficile processus (...) visant à trouver une solution négociée au problème chypriote a débuté dans la sincérité", a fait valoir mercredi le chef de la mission de l'ONU à Chypre, Taye-Brook Zerihoun.

Récemment, l'ambiance des discussions a pourtant été plombée par les déclarations des deux camps concernant notamment l'intégrité du territoire et l'avenir des colons turcs installés dans le Nord.

Dans un sondage publié dimanche par le quotidien chypriote-grec Simerini, 60% des personnes interrogées affirment ne pas croire à une issue positive.

"Je pense que dans six mois, si le processus ne mène nulle part, il faudra se poser des questions graves", a estimé un diplomate occidental.

La Turquie veut conserver son droit d'intervention obtenu dans les traités qui ont accordé l'indépendance à l'île en 1960.

M. Talat, qui veut croire en une fin des négociations avant début 2009, a souligné récemment la nécessité pour tout règlement de prévoir deux "Etats constitutifs" placés sur un pied d'égalité, ce que refuse totalement la communauté chypriote-grecque, qui représente 80% de la population de l'île.

"Nous ne pourrons jamais accepter" deux Etats à Chypre, a répondu M. Christofias qui a par ailleurs, dans un effort de compromis, proposé que 50.000 colons turcs puissent rester sur l'île.

Tout accord devrait faire l'objet d'un référendum dans les deux parties de l'île.

Chypre est divisée depuis 1974, quand la Turquie a envahi le tiers nord après un coup d'Etat à Nicosie de nationalistes chypriotes-grecs soutenus par Athènes.

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