ENVIRONNEMENT

Une usine de biocarburants en projet à Reims

Un projet d'unité de fabrication de biocarburants de deuxième génération va s'installer à Pomacle-Bazancourt, près de Reims, dans le nord de la France. Ce carburant d'un nouveau genre pourrait être disponible à la pompe dès 2017.

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Un projet d'unité de fabrication de biocarburants de deuxième génération à base de bioéthanol, qui s'installera à Pomacle-Bazancourt, près de Reims, a été lancé jeudi avec un budget de 74 millions d'euros, ont indiqué ses responsables lors d'une conférence de presse.

Ce projet, baptisé Futurol, a reçu le soutien de la banque publique d'aide aux petites et moyennes entreprises Oseo qui apporte 30 millions d'euros, a déclaré Dominique Dutartre, président de Procethol 2G, société qui porte le projet.

Le solde provient des partenaires de ce projet test qui vise à ne plus utiliser les productions agricoles (colza, tournesol, céréales, canne à sucre, etc) comme c'est le cas pour le biocarburants actuels pour se réorienter vers d'autres matières premières végétales qui n'empièteraient pas sur les terres dédiées à l'alimentation humaine.

"Ambitieux et à vocation international", Futurol est "le seul projet" dont l'objectif est de valider la filière complète, "du végétal à la roue", a ajouté M. Dutartre, avant de souligner la "compétition mondiale" qui prévaut sur ce secteur et notamment de la part des Etats-Unis.

Les représentants des betteraviers et céréaliers font partie du tour de table, montrant ainsi leur intérêt pour cette filière qui devrait utiliser une partie de leurs résidus agricoles (pulpe de betterave, paille) comme matière première.

L'Office national des forêts (ONF) figure également parmi les partenaires avec l'objectif de représenter une "source d'approvisionnement majeure" alors que la forêt progresse de 40.000 hectares par an, a souligné Alain Le Berre, directeur du développement de l'ONF.

L'Institut national de recherche agronomique (Inra) et l'Institut français du pétrole (Ifp) sont présents au titre de la recherche.

Parmi les partenaires figurent également Total, le groupe agroalimentaire Tereos et la coopérative céréalière Champagne Céréales.

Le secteur financier est aussi partie prenante, via le Crédit agricole du Nord-Est, la confédération générale des planteurs de betteraves (CGB) et Unigrains, la société capital-risque des céréaliers français.

Le calendrier prévoit trois grandes étapes. Un pilote sera construit à l'automne 2008 sur le site agro-industriel de Pomacle-Bazancourt, dans la Marne, où existe déjà un important site production de bioéthanol de première génération.

Ce pilote permettra de produire au maximum 500 litres d'éthanol par jour jour, soit 180.000 litres par an.

Parallèlement une trentaine de chercheurs seront mobilisés sur l'élaboration d'enzymes et de levures, nécessaires au processus de production des biocarburants de deuxième génération, a indiqué Marion Guillou, PDG de l'Inra. Celle-ci a souligné l'importance des efforts de recherche encore à faire dans ce domaine.

En 2013, le projet Futurol devrait passer au stade de prototype afin de tester le procédé dans des conditions industrielles. L'objectif est de produire 3,5 millions de litres par an.

Enfin trois ans plus tard, si le procédé est validé, il sera mis sur le marché sous forme de licence internationale.

Ces biocarburants deuxième génération devraient être disponibles à la pompe "vers 2017 ou 2018", a affirmé à l'AFP Jean-Marc Sohier, directeur recherche Raffinage et marketing de Total.

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