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L'UE reste prudente après l'accord entre Mugabe et Tsvangirai

L'UE attend d'en savoir plus sur le contenu de l'accord de gouvernement d'union nationale avant de reconsidérer ses relations avec le Zimbabwe. L'aide européenne, hormis celle directement apportée à la population, est suspendue depuis 2002.

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L'Union européenne s'est montrée prudente vendredi au lendemain de la conclusion d'un accord pour un gouvernement d'union au Zimbabwe, attendant d'en savoir plus sur son contenu pour réexaminer éventuellement ses sanctions.

"Bien sûr, la Commission européenne salue ce pas important. Mais nous devons attendre d'en savoir plus sur (cet accord) lundi, alors à ce stade nous sommes prudemment optimistes", a déclaré John Clancy, porte-parole du commissaire au Développement Louis Michel.

La présidence française de l'UE, de son côté, a espéré dans un communiqué que "cet accord ouvre des perspectives constructives tant dans le domaine politique qu'économique et social, afin de mettre un terme aux souffrances d'un peuple lourdement éprouvé pendant de longues années".

Elle a ajouté que les ministres des Affaires étrangères de l'UE "évalueront la situation" lors de leur réunion lundi à Bruxelles.

"On va voir tout ça dans la journée et dans le week-end pour voir comment et jusqu'à quel point ajuster ce qui avait été prévu dans le projet initial", a précisé un haut diplomate français.

Les ambassadeurs des 27 s'étaient mis d'accord jeudi - avant l'annonce dans la soirée d'un accord à Harare - pour renforcer lors du conseil des ministres lundi les sanctions contre le régime du président Robert Mugabe.

Selon un diplomate européen, il s'agissait d'ajouter une dizaine de noms à la liste des personnes interdites de séjour dans l'UE et dont les avoirs sont gelés. Une liste qui compte déjà 168 personnes, dont Robert Mugabe et sa femme Grace, plus quatre entreprises qui soutiennent financièrement le régime.

Avant d'avaliser ces nouvelles sanctions lundi - le jour même où l'accord sur un gouvernement d'union doit être signé à Harare et où le contenu doit être révélé -, l'UE veut en savoir "davantage sur le contenu de l'accord, sur sa solidité, sur ses perspectives", a indiqué le diplomate français.

Interrogé aussi sur la possibilité d'alléger les sanctions existantes, il a noté que "le fait qu'il y ait un accord de partage du pouvoir n'exonère pas ces personnes-là, coupables de violences, de leurs responsabilités".

Les ministres, ayant cette considération à l'esprit, pourraient ainsi malgré tout décider d'allonger la liste, selon un diplomate. Comme ils pourraient aussi abandonner le durcissement prévu, a estimé un autre.

Le dégel de l'aide au Zimbabwe ne devrait pas non plus être immédiatement à l'ordre du jour.

"Le conseil dit depuis des mois qu'il est prêt à examiner ce qui pourrait être fait, notamment en termes économiques, s'il y avait accord politique, solution politique, aboutissement de la médiation. La question est de savoir si on est déjà à ce stade", a ainsi indiqué le haut diplomate français.

L'UE a suspendu en 2002 son aide au Zimbabwe, excepté pour les projets en soutien direct à la population (santé, éducation, micro-projets) et l'aide humanitaire, qui représentaient 91 millions d'euros en 2007.

Environ 108 millions d'euros du 9e Fonds européen au développement (2003-2007) ont été suspendus et pourraient, si la situation changeait, être reprogrammés pour le 10e FED (2008-2013).

Après des semaines d'âpres négociations, le président sud-africain Thabo Mbeki, médiateur de l'Afrique australe dans la crise, a pu annoncer jeudi soir un accord entre Robert Mugabe, qui exerce un pouvoir sans partage depuis 1980, et son ennemi politique Morgan Tsvangirai.

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