PAKISTAN - AFGHANISTAN

Un nouveau missile américain frappe le Waziristan

Un missile, qui aurait été tiré par un drone américain, s'est abattu dans le Waziristan, faisant douze morts. La veille, des échanges acrimonieux ont eu lieu entre les États-Unis, qui menaçaient de multiplier les attaques, et Islamabad.

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Un nouveau missile apparemment tiré par un drone de l'armée américaine venu d'Afghanistan a tué vendredi au moins 12 personnes, selon des responsables locaux, dans le nord-ouest du Pakistan, où Washington veut éradiquer les repaires d'Al-Qaïda et des talibans.

Cette nouvelle frappe intervient au lendemain d'un échange de propos acrimonieux entre Washington et Islamabad, pourtant son allié dans sa "guerre contre le terrorisme": les Etats-Unis ont menacé de multiplier les opérations militaires dans les zones tribales pakistanaises frontalières avec l'Afghanistan, le Pakistan a juré de s'y opposer "à n'importe quel prix".

Le missile s'est abattu sur une maison de Tol Khel, dans la banlieue de Miranshah, principale ville du district tribal du Waziristan du Nord, réputé être un fief des talibans pakistanais qui abritent et soutiennent des combattants étrangers d'Al-Qaïda, a déclaré à l'AFP un haut responsable de l'administration locale, sous couvert de l'anonymat.

"Cette attaque, juste avant l'aube, a détruit la maison et tué 12 personnes", a ajouté cette source, précisant que 10 autres personnes ont été blessées.

Ces informations ont été confirmées par un autre responsable de l'administration du district et des officiers des forces de sécurité.

Malgré les protestations répétées d'Islamabad, les forces américaines qui combattent l'insurrection des talibans en Afghanistan ont considérablement intensifié, ces derniers mois, les tirs de missiles visant des combattants présumés talibans ou d'Al-Qaïda dans les zones tribales du Pakistan, n'épargnant pas, bien souvent, les populations civiles.

La frappe de vendredi est le quatrième tir de missile ou de salves de missiles dans le nord-ouest du Pakistan en une semaine, qui ont tué au moins 38 personnes, dont des civils.

Ainsi, lundi, 14 combattants islamistes, mais aussi sept civils, dont des femmes et des enfants, ont été tués par plusieurs missiles américains dans ce même district du Waziristan du Nord, selon les autorités pakistanaises.

Des responsables locaux ont assuré à l'AFP que la maison visée vendredi était louée par une organisation fondamentaliste musulmane afghane, Al-Badar, soutenue par l'ancien Premier ministre afghan Gulbuddin Hekmatyar, et dont les partisans épaulent depuis fin 2001 les insurgés talibans.

Mercredi, le chef d'état-major de l'armée américaine, l'amiral Michael Mullen, avait annoncé avoir ordonné une nouvelle stratégie militaire prenant en compte "les deux côtés de la frontière".

Son homologue pakistanais, le général Ashfaq Kayani, rétorquait aussitôt que son armée ne tolérerait plus les attaques des forces étrangères en territoire pakistanais.

Le New York Times assurait jeudi que le président George W. Bush avait autorisé secrètement en juillet des raids terrestres dans le nord-ouest du Pakistan, sans l'approbation préalable d'Islamabad.

C'est d'ailleurs ce qui s'est passé à l'aube du 3 septembre, quand des commandos américains héliportés ont attaqué un village pakistanais, tuant, selon Islamabad, 15 civils, dont des femmes et des enfants.

Washington estime que l'armée pakistanaise ne fournit pas assez d'efforts dans le cadre de sa "guerre contre le terrorisme".

Mais la République Islamique du Pakistan, seule puissance nucléaire militaire du monde musulman, a déjà payé un très lourd tribut à cette lutte, avec plus d'un millier de soldats tués dans les zones tribales depuis 2002 et, surtout, plus de 1.200 morts dans une campagne sans précédent d'attentats suicide depuis plus d'un an.

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